Les marchés financiers ont connu une journée de calme relatif hier, après des données américaines sur l’emploi plus faibles que prévu qui ont incité les investisseurs à reconsidérer les perspectives de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. Cette évolution pourrait rendre le dollar américain vulnérable à court terme, notamment en prévision de nouvelles données sur l’emploi la semaine prochaine.
La Révision à la baisse des anticipations concernant les taux de la Fed a atténué l’impact d’un éventuel repli défensif sur les marchés. Les métaux précieux ont légèrement progressé, les contrats à terme sur actions se sont stabilisés et le bitcoin a retrouvé des acheteurs. L’OIS USD à un mois évalué à un an a chuté de 12 points de base cette semaine, atteignant 3,00 %, ce qui suggère que les taux se situent désormais dans la partie inférieure de la fourchette neutre estimée par les analystes.
Ces ajustements sont liés à des données sur le marché du travail américain qui ont surpris par leur faiblesse, en contraste avec les informations plus positives du Livre Beige de la Fed. Les investisseurs se concentreront donc sur les chiffres de décembre, qui seront publiés mercredi prochain et comprendront des révisions annuelles.
L’évolution des valeurs technologiques américaines reste incertaine. Les ratios cours/bénéfices du S&P 500 sont actuellement à des niveaux élevés, et les acheteurs semblent pleinement investis. Nvidia (NASDAQ :), un acteur majeur du rallye boursier lié à l’intelligence artificielle, évolue à proximité de niveaux de support importants, entre 164 et 169 dollars, qui méritent d’être surveillés.
Certains analystes estiment que le dollar aurait dû mieux performer compte tenu des récentes corrections sur les marchés. Le récent rallye jusqu’à 98,00 pourrait représenter un sommet pour l’instant.
L’attention se porte également sur la publication de l’enquête de l’Université du Michigan sur la confiance des consommateurs, prévue pour aujourd’hui. Après une forte baisse en avril, les investisseurs espèrent un rebond. Une nouvelle déception pourrait exercer une pression supplémentaire sur le dollar, en rappelant la sensibilité des dépenses de consommation à l’évolution des marchés boursiers.
Par ailleurs, les marchés semblent avoir anticipé les élections de dimanche au Japon. Les résultats devraient être connus lundi à l’ouverture des marchés asiatiques, ce qui pourrait entraîner une volatilité accrue.
Concernant la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a clairement indiqué qu’elle ne prévoyait pas de baisser ses taux d’intérêt en réponse à la force de l’euro. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré : « Au cours des dernières semaines – en fait depuis l’été – l’euro a fluctué dans une certaine fourchette. Que l’on observe l’euro/dollar américain ou le taux de change effectif nominal, l’histoire est la même. Sur la base de ces observations, nous avons conclu que l’impact de l’appréciation du taux de change depuis l’année dernière est intégré dans notre scénario de référence. »
Ces déclarations, combinées à une certaine stabilité sur les marchés d’actifs et à un adoucissement des taux à court terme, ont permis à l’EUR/USD de maintenir un support au-dessus de 1,18. Le seuil de 1,1770 a tenu jusqu’à présent, et les analystes surveilleront les éventuelles ventes de dollars lors des fixings importants, comme celui de Londres à 16h00 GMT WMR, pour évaluer si les acheteurs européens réduisent leur exposition au dollar.
Aujourd’hui, la zone euro publiera également l’enquête de la BCE auprès des prévisionnistes professionnels à 10h00 CET. Les données allemandes publiées hier étaient mitigées : la production industrielle de décembre a chuté de 1,9 % en glissement mensuel, mais la balance commerciale a été positivement surprenante. L’EUR/USD devrait continuer à maintenir son support à 1,1770.
Le franc suisse reste une valeur refuge solide, grâce à son excédent courant important, sa position nette en avoirs extérieurs et sa situation budgétaire favorable. Si les valeurs technologiques américaines continuaient à baisser, la paire USD/CHF pourrait connaître une baisse rapide.
Enfin, la Banque d’Angleterre (BoE) a surpris en votant à 5 contre 4 en faveur du maintien des taux d’intérêt inchangés. Les attentes du marché penchent désormais légèrement vers une baisse en mars, mais la plupart des analystes restent prudents et attendent des preuves plus claires d’une baisse de l’inflation au deuxième trimestre. La livre sterling pourrait subir des pressions et un support à 0,8670/80 est recherché, avec un biais haussier vers 0,88 pour le mois prochain, en raison des incertitudes politiques et des données économiques qui soutiennent un assouplissement monétaire en mars.