Publié le 2020-06-23 10:00:00. Donald Trump estime que le temps de Nicolás Maduro au pouvoir au Venezuela est compté, tout en écartant une intervention militaire américaine imminente. Parallèlement, le président américain a suggéré que la Russie et la Chine mèneraient des essais d’armes nucléaires dissimulés.
Dans un entretien accordé à la chaîne américaine CBS, Donald Trump s’est montré catégorique quant à l’avenir politique de Nicolás Maduro. « Je dirais oui. Je pense que oui », a-t-il affirmé, interrogé sur l’éventualité que les jours du dirigeant vénézuélien soient comptés. Le président américain a toutefois nuancé ses propos, minimisant les inquiétudes d’une imminence de guerre contre le Venezuela. Il a répondu par la négative à une question directe sur une possible intervention militaire américaine.
Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis ont déployé des navires et des troupes dans les Caraïbes. Ces déploiements s’inscrivent dans le cadre d’opérations contre des navires présumés impliqués dans le trafic de drogue, opérations qui auraient fait plusieurs dizaines de morts ces dernières semaines. Selon des experts, ces actions, qualifiées d’exécutions extrajudiciaires par certains, n’ont pas été systématiquement justifiées par Washington par des preuves formelles de trafic ou de menace.
Nicolás Maduro, quant à lui, accusé par les États-Unis de trafic de stupéfiants, soutient que Washington utilise ce prétexte pour orchestrer un « changement de régime » à Caracas et s’emparer des ressources pétrolières du Venezuela. Depuis le début du mois de septembre, plus de 15 opérations américaines auraient ciblé des navires en mer des Caraïbes et dans le Pacifique, entraînant la mort d’au moins 65 personnes.
Essais nucléaires : Trump appelle à la réciprocité
Par ailleurs, Donald Trump a également affirmé que des pays comme la Russie et la Chine procéderaient à des essais d’armes nucléaires souterrains, tenus secrets. Il a ainsi appelé les États-Unis à faire de même, déclarant : « Je dis que testons les armes nucléaires comme le font d’autres pays, oui. » Le président a expliqué que ces essais, russes et chinois, se dérouleraient en profondeur, échappant à la connaissance du public. « On ne sait pas avec certitude où ils font les tests… Ils les font en profondeur, là où les gens ne savent pas exactement ce qui se passe », a-t-il précisé.
Donald Trump a fait cette déclaration jeudi, quelques minutes avant d’entamer un sommet avec le président chinois Xi Jinping en Corée du Sud. Il a cité la Corée du Nord et le Pakistan parmi les pays testant leurs arsenaux. « Je ne veux pas être le seul pays à ne pas procéder à des tests », a-t-il ajouté, soulignant le manque de transparence sur les activités de ces nations.
Cette position intervient après que la Russie ait annoncé avoir testé un nouveau missile de croisière à propulsion nucléaire, le Burevestnik, ainsi qu’un drone sous-marin à capacité nucléaire. Il est à noter qu’aucun pays, à l’exception de la Corée du Nord, n’a procédé à une détonation nucléaire depuis des décennies. La Russie n’a pas effectué de tels tests depuis 1990 et la Chine depuis 1996.
Pour tenter de clarifier la position américaine, Chris Wright, le secrétaire à l’Énergie de Donald Trump, a indiqué que les tests envisagés par les États-Unis ne concerneraient pas des explosions nucléaires. « Je pense que les tests dont nous parlons maintenant sont des tests de systèmes. Ce ne sont pas des explosions nucléaires », a-t-il précisé, parlant d’« explosions non critiques » visant à vérifier le bon fonctionnement des différents composants d’une arme nucléaire.
Les États-Unis ont signé en 1996 un traité interdisant les essais nucléaires à des fins militaires ou civiles.