Les locataires du parc social lyonnais sont confrontés à une hausse spectaculaire des charges, notamment énergétiques, tandis que le débat sur l’encadrement des loyers s’intensifie à l’approche des élections métropolitaines. La Confédération syndicale des familles (CSF) alerte sur une situation financière précaire pour de nombreux foyers et défend une régulation des prix.
Tennessee Garcia, coordinateur de la CSF, dénonce une « double peine » pour les locataires : ils paient des tarifs de chauffage élevés dans des logements souvent mal isolés ou mal entretenus. L’association constate que les régularisations de charges interviennent avec un retard considérable, parfois deux ou trois ans après les faits, ce qui crée une incertitude financière majeure pour les familles. « Les charges des locataires explosent, en particulier les charges d’énergie avec un niveau de spéculation record sur les tarifs du gaz », explique-t-il.
La CSF réclame le rétablissement d’un tarif social de l’énergie, supprimé selon elle sur demande de l’Union européenne, ainsi qu’une accélération des travaux de rénovation thermique des logements. Elle souligne que ces travaux permettraient de réduire les dépenses énergétiques des locataires et d’améliorer leur confort.
Au cœur des discussions électorales, l’encadrement des loyers, mis en place en 2021 à Lyon et Villeurbanne, est au centre des critiques. Certains candidats, comme Jean-Michel Aulas, proposent de le supprimer, tandis que la majorité écologiste souhaite l’étendre à la première couronne lyonnaise. La CSF se positionne fermement en faveur du maintien de cette mesure.
« L’objet de l’encadrement n’est pas forcément de faire diminuer les loyers, mais de protéger les locataires des abus », affirme Tennessee Garcia. Il dénonce les pratiques de certains propriétaires qui tentent de contourner le dispositif en appliquant des compléments de loyer injustifiés. Selon la CSF, l’encadrement des loyers ne réduit pas l’offre de logements, contrairement à ce qui est parfois avancé. « Il n’y a pas de logements qui disparaissent à cause de l’encadrement des loyers », assure-t-il.
L’association rappelle que les locataires représentent près des deux tiers de la population de la métropole lyonnaise et que le coût du logement est une priorité absolue pour les familles. Elle appelle à une régulation du marché locatif pour garantir un accès au logement abordable pour tous.