Home Divertissement Drame du Ramadan en Indonésie.. Le point culminant du spectacle dans « Suhoor » | art

Drame du Ramadan en Indonésie.. Le point culminant du spectacle dans « Suhoor » | art

0 comments 26 views

Publié le 17 février 2026 à 10h00 (heure de La Mecque). Le Ramadan en Indonésie, plus qu’une simple période de diffusion télévisuelle, est une véritable bataille d’audience qui remodèle les habitudes de visionnage de la plus grande communauté musulmane du monde, avec des stratégies de programmation spécifiques aux heures précédant l’aube.

  • Les chaînes SCTV et RCTI se livrent une concurrence féroce pour attirer les téléspectateurs pendant le Ramadan 2026, avec des séries religieuses et des drames moraux.
  • SCTV mise sur des œuvres comme « Istiqomah Cinta » et la 19e saison de « Para Pencari Tuhan » (« Chercheurs de Dieu ») pour capter l’attention des fidèles.
  • RCTI répond avec « Amanah Wali 8 : Musala Sultan » et un nouveau programme de suhoor, « Banyak Jalan Menuju Surga », axés sur le repentir et la spiritualité.

Le Ramadan en Indonésie est une période télévisuelle unique, où les concepts traditionnels de « prime time » sont bouleversés. Alors que les téléspectateurs arabes se préparent pour le suhoor (repas de l’aube) en regardant leurs émissions préférées, les heures précédant le lever du soleil en Indonésie deviennent un terrain de compétition intense, baptisé le « Compagnon de Suhoor ». Cette tradition télévisuelle maintient les foyers connectés jusqu’aux premiers rayons de lumière.

Le drame du Ramadan indonésien est un mélange complexe de séries religieuses, appelées « Sinetron Religi », et de récits à vocation morale. Ces productions ne se limitent pas au divertissement ; elles s’intègrent au rituel spirituel quotidien, où la prédication côtoie la comédie et le fantastique se mêle à la réalité populaire. Ces séquences sont devenues des éléments essentiels de la mémoire collective et de l’identité visuelle du mois sacré.

La compétition pour le Ramadan 2026 se concentre principalement autour de deux groupes majeurs : SCTV, avec sa plateforme numérique Vidio, et RCTI. D’autres chaînes, comme Indosiar, tentent également de se démarquer, en misant sur des récits émotionnellement forts.

Cette année, la stratégie des chaînes se caractérise par un lancement précoce des programmes, afin de s’assurer une place dans l’esprit des téléspectateurs. SCTV a ainsi diffusé son œuvre socio-religieuse « Istiqomah Cinta » dès le 9 février, quelques jours avant le début du Ramadan. Cette série, portée par l’actrice Yasmine Naber dans le rôle de Khansa, illustre la philosophie du drame indonésien en soumettant son héroïne à des épreuves morales difficiles – emprisonnement, sacrifice social – pour offrir une dose intense de « drame de la foi » et préparer psychologiquement le public à accueillir le mois sacré, en mettant l’accent sur la fermeté comme valeur suprême.

Le chemin du repentir pendant le Suhoor

En se tournant vers la programmation du Suhoor, on découvre le pari le plus audacieux de SCTV : le retour de la série légendaire « Para Pencari Tuhan » (« Chercheurs de Dieu ») pour sa 19e saison, intitulée « Tobat, Woy » (« Le chemin du repentir »). Cette série est un véritable phénomène sociologique, diffusée au plus fort du Suhoor (2h45 du matin).

Menée par l’acteur Didi Mazur dans le rôle de Bang Jack, la série continue de proposer son mélange unique de drame et de comédie noire, capturant l’esprit de la rue et abordant les thèmes du repentir et du retour aux sources, dans un langage proche de celui du quotidien. La longévité de cette série, qui dure depuis 19 ans, témoigne de la fidélité du public. Ses personnages sont devenus des symboles populaires, véhiculant des messages religieux sans affectation ni rhétorique directe.

Dans une démarche visant à restaurer la mémoire collective et à en exploiter le potentiel pédagogique, SCTV propose également une nouvelle saison de « Lorong Waktu » (« Couloir du temps »), avec une diffusion programmée à 0h24 et une rediffusion à midi. Cette série illustre la manière dont le cinéma indonésien utilise le fantastique au service de la moralité. Les voyages dans le temps des héros ne sont qu’un artifice dramatique pour renforcer les valeurs dans le cœur des enfants et des adultes, en complément d’une autre série familiale, « Petualangan Rahasia Queena ».

Cette programmation témoigne de l’évolution du drame indonésien du Ramadan, qui s’éloigne des schémas de la prédication traditionnelle pour aborder les défis de la modernité et de la technologie auxquels est confrontée la famille musulmane dans le plus grand archipel du monde.

De son côté, RCTI se positionne avec « Amanah Wali 8 : Musala Sultan », un titre qui résonne fortement auprès du public indonésien. L’intrigue de cette saison, lancée à la mi-février, met en scène une lutte symbolique pour la protection de la « Musalla » (petite mosquée) en tant que centre d’identité et de spiritualité dans un quartier populaire. Les personnages emblématiques de la série – Abu, Funk, Ovie et Tommy – offrent un mélange de comédie et de drame, ciblant le cœur des gens simples. Le héros, sorti de prison, est confronté à des accusations et à des conflits qui mettent à l’épreuve la sincérité de son repentir.

RCTI complète sa programmation avec un nouveau programme de Suhoor intitulé « Banyak Jalan Menuju Surga » (« Il existe de nombreux chemins vers le paradis »), qui sera lancé le 19 février. Cette série explore la philosophie du « repentir collectif », en suivant le parcours de trois amis qui tentent de changer le cours de leur vie.

La programmation du Ramadan 2026 révèle que le théâtre en Indonésie n’est pas seulement un moyen de divertissement, mais un processus de production complexe visant à améliorer le comportement social et à offrir un « compagnon spirituel » aux heures précédant l’aube.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.