Publié le 14 mars 2024 10:22:00. Soixante-dix-sept œuvres, majoritairement des gravures, de l’artiste Arnulf Rainer, décédé en décembre dernier, sont exposées à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, malgré les réticences exprimées de son vivant quant à l’exposition de son travail dans un lieu de culte.
- L’exposition présente 77 œuvres de croix réalisées par Arnulf Rainer, dont 70 gravures à la pointe sèche.
- L’artiste avait initialement exprimé son désaccord quant à l’organisation de cette exposition dans la cathédrale.
- Le curé de la cathédrale a souligné qu’il s’agit d’une invitation au dialogue sur la symbolique de la croix.
Malgré le retrait de l’artiste, exprimé après l’annonce initiale de l’exposition, la cathédrale Saint-Étienne de Vienne a confirmé la tenue de la présentation des œuvres d’Arnulf Rainer. L’annonce de l’exposition avait été suivie, comme l’a précisé le curé Toni Faber lors d’une conférence de presse, par une rétractation de l’artiste, qui ne souhaitait pas que son travail soit associé à un lieu religieux.
Toutefois, après des « efforts considérables », selon les termes du curé Faber, la décision a été prise de maintenir l’exposition. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une appropriation, mais d’une proposition de dialogue « sur la dimension existentielle de l’horizontal et du vertical », incarnée par la croix. Rainer avait exploré la symbolique de la croix tout au long de sa carrière, tout en se montrant toujours réticent à une interprétation chrétienne de son art.
« Nous respectons cela »,
Toni Faber, curé de la cathédrale
L’artiste avait déjà exposé son travail dans des églises à plusieurs reprises, mais avait toujours refusé d’être qualifié de « peintre d’églises ». L’exposition à la cathédrale Saint-Étienne, qui a débuté le mercredi des Cendres, offre ainsi un espace de réflexion sur la complexité de la relation entre l’art et la foi, et sur l’héritage d’un artiste majeur du XXe siècle.
Arnulf Rainer est décédé en décembre dernier à l’âge de 96 ans. Son œuvre, marquée par l’expérimentation et la remise en question des conventions artistiques, continue de susciter l’intérêt et le débat.