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Dwayne « The Rock ‘Johnson peut-il réaliser un pivot sérieux avec » The Smashing Machine « ?

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Dwayne « The Rock » Johnson franchit une nouvelle étape dans sa carrière. Loin des blockbusters à succès, la star hollywoodienne s’essaie à un rôle plus sombre et introspectif dans « The Iron Claw », un drame biographique réalisé par Benny Safdie. Ce changement de cap, marqué par une performance physique et émotionnelle impressionnante, interroge sur l’évolution d’une icône de cinéma dont la trajectoire semble désormais moins dictée par les chiffres du box-office que par la quête de rôles plus exigeants.

Durant la seconde moitié des années 2010, Dwayne Johnson régnait en maître sur le septième art. Sa présence suffisait à transformer des franchises établies comme « Fast & Furious » et des relances audacieuses telles que « Jumanji » en succès planétaires. Des films d’action plus modestes, à l’image de « San Andreas » ou « Skyscraper », devenaient des événements grâce à son magnétisme, tandis que des comédies comme « Agents très spéciaux » ou le succès de « Vaiana : La Légende du bout du monde » bénéficiaient de sa participation. Même ses rares faux pas commerciaux, comme « Baywatch : Alerte à Malibu », attiraient l’attention grâce à sa seule notoriété. Cette période témoignait d’une capacité unique à dominer le box-office, une marque distinctive d’une véritable star de cinéma.

Cependant, ces dernières années ont vu une partie de ses projets, tels que « Black Adam » ou « Jungle Cruise », obtenir des résultats bruts honorables tout en renforçant l’image d’un acteur produisant du contenu à la chaîne, parfois au détriment de la qualité. Le passage de « Black Adam » au sein de l’univers cinématographique DC, et son rôle dans la réorganisation ultérieure de la firme, a constitué un tournant, transformant un de ses films les plus lucratifs, sans co-star majeure, en un symbole de mise en garde.

« The Iron Claw » signale une ambition différente de celle des partenariats commerciaux mondiaux ou des revendications de propriété sur des franchises. Le film résonne avec le cinéma passé de Johnson, mais d’une manière plus directe : le message sous-jacent est que Dwayne Johnson ne peut pas perdre. Ici, cette philosophie se retrouve au cœur de la psychologie de son personnage. Il incarne Mark Kerr, une figure marquante des années 1990 de la scène du combat libre, dans une réalisation de Benny Safdie, connu pour son style immersif et audacieux aux côtés de son frère Josh.

Johnson s’est visiblement mis à la disposition de Safdie, s’adaptant à sa patte cinématographique distincte : une esthétique granuleuse en 16 mm (rendue paradoxalement et efficacement en format IMAX), une caméra mobile proche du documentaire, et une aversion pour les codes narratifs traditionnels du biopic. Son apparence physique est également transformée, grâce à un maquillage qui le rapproche de Josh Brolin interprétant une version particulièrement imposante de Hulk.

Le film s’attache à observer Mark dans ses environnements naturels, entre les combats et les blessures, sur le ring et au sein de son foyer auprès de sa femme Dawn (Emily Blunt). Jouant sur un contraste que Johnson avait déjà exploré dans des comédies, Mark fait souvent preuve d’une attitude posée et douce, malgré sa puissance physique. Dans l’arène, il doit blesser son adversaire avant que celui-ci ne le blesse, une approche qu’il justifie comme une nécessité, mais qu’il essaie de ne pas prendre personnellement. Sa philosophie est axée sur la victoire, une quête quasi-zen qui ignore la possibilité de défaite dans ce domaine encore nouveau pour lui. Lorsque la défaite survient, vers le milieu du film, il ne s’agit pas d’une explosion de colère, mais d’une fermeté tranquille : Mark insiste sur le fait que son adversaire a enfreint les règles et que la victoire aurait dû lui revenir.

C’est une performance solide pour Johnson, qui révèle l’enfance souvent difficile de ce super-héros autoproclamé. Mark et Dawn se confrontent dans des échanges rappelant des enfants querelleurs. Au début, on perçoit son auto-contrôle lorsqu’il corrige subtilement la recette du smoothie qu’elle a préparée. Plus tard, lors de sa convalescence après une dépendance aux opioïdes, il reporte sa lutte sur elle, et la situation dégénère avec une certaine impertinence. Le passage de Johnson et Blunt de « Jungle Cruise » à ce drame rappelle une version plus brute de Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, passant de « Titanic » à « Révolution Road ».

Cette approche pourrait être perçue comme élitiste. Les personnages marginalisés de Safdie ont cependant toujours possédé une certaine dimension, même dans des œuvres de fiction. « The Iron Claw » repose lourdement sur Johnson, et malgré l’appréciation générale pour un casting de stars, le film présente des limites. Il offre peu de perspectives sur Mark Kerr en dehors de sa relation avec le personnage emblématique interprété par l’acteur. L’urgence qui caractérise les films précédents de Safdie s’estompe, peut-être intentionnellement. Sans cette énergie, et sans une structure narrative sportive traditionnelle, le spectateur se retrouve à s’interroger sur la signification profonde des scènes, et regrette l’absence d’une véritable perspective sur cet univers singulier.

« The Wrestler » de Darren Aronofsky avait su trouver une poésie sans jugement dans les exigences physiques et les punitions de la lutte professionnelle. « The Iron Claw », bien qu’il ne fasse pas nécessairement l’éloge du MMA ou de l’UFC, dépeint une violence brute et destructrice, le « crush » du titre, d’une manière qui semble étrangement sous-estimée. Le film ne transmet ni ambivalence ni ambiguïté, mais plutôt un manque d’engagement. Ce vide au centre de « The Iron Claw » permet à Johnson de s’y épanouir, donnant l’impression que le film existe principalement comme un véhicule promotionnel pour lui. En d’autres termes, le film n’est pas si différent de plusieurs autres projets de Johnson, qui ressemblent souvent davantage à des opportunités de marketing qu’à des œuvres cinématographiques organiques.

Pour être juste, il est très bon dans nombre de ces rôles, remplissant la mission que le film lui assigne, prêtant son physique de dessin animé et son charme de téflon. Ce rôle plus sérieux souligne que l’acteur a probablement le potentiel pour réussir dans tout ce qu’il entreprend ; cela fait partie de son athlétisme de star de cinéma. Sa présence comme invité à « Saturday Night Live » à plusieurs reprises suggère une polyvalence notable pour un artiste aux multiples facettes dans le paysage moderne. Cette agilité le fait également donner l’impression qu’il exécute des exercices. Une bizarrerie comme la tentative précoce de « Southland Tales » de proposer quelque chose de différent, lui avait donné un personnage moins substantiel à bien des égards, mais il se sentait aussi plus libéré, avant même que sa marque ne soit figée. « The Iron Claw » permet de voir quelques fissures apparaître aux extrémités de l’image de Johnson, mais elles restent principalement cosmétiques. Néanmoins, on peut observer le calcul derrière sa nouvelle orientation.

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