Publié le 04 novembre 2025. Chaque année, la publicité de Noël de John Lewis suscite débats et nostalgie. En 2025, le spot, qui met en scène un père et son fils à travers la musique, divise les générations quant à sa pertinence dans un monde hyperconnecté.
- La nouvelle publicité de John Lewis met en scène un père redécouvrant sa jeunesse grâce à un vinyle offert par son fils.
- Le spot fait écho à des scènes cultes de films comme *Love Actually* et *Aftersun*, tout en soulevant des questions sur la transmission et la paternité.
- Les générations plus jeunes peinent à comprendre le sens d’une telle publicité, préférant les plateformes numériques comme TikTok ou Spotify.
La tradition, comme le souligne l’article, a cette particularité de persister bien au-delà de son utilité première. L’exemple de la nuit du feu de joie, autrefois commémoration du pouvoir gouvernemental sur les dissidents, est aujourd’hui une simple excuse pour un repas convivial. De même, les cloches des églises sonnent encore le dimanche, alors qu’un simple message WhatsApp suffirait à informer la congrégation. Dans ce contexte, la publicité de Noël de John Lewis, autrefois une véritable institution culturelle capable de bouleverser les téléspectateurs, se retrouve aujourd’hui confrontée à l’évolution des modes de consommation médiatique.
En 2025, une publicité télévisée pour un grand magasin semble presque anachronique. Le texte la compare à un YouTube sans fonction de recherche ou à un Amazon qui nécessiterait un déplacement physique. Pourtant, le spot de cette année, diffusé dix jours plus tôt que l’an dernier, s’inscrit dans la lignée habituelle. Il dépeint un fils offrant à son père un disque vinyle du tube « Where Love Lives » d’Alison Limerick. Ce cadeau transporte le père sur une piste de danse, où son fils le retrouve à différentes étapes de sa vie, de bébé à adolescent. La chanson, alors, ralentit pour offrir une interprétation plus « boueuse » d’elle-même, transformant le tout en un mélange inattendu entre *Love Actually* et *Aftersun*.
L’article reconnaît la dimension réflexive de ce spot. Pour les pères, le geste du fils peut symboliser la prise de conscience que leur géniteur possédait une vie propre, des désirs et des intérêts indépendants de sa fonction parentale. C’est un moment clé pour l’enfant, potentiellement transformateur pour la relation père-fils. Parallèlement, la publicité capture une expérience paternelle commune : le décalage ressenti lors d’une sortie en boîte de nuit, où la prise de conscience de son âge et de l’éloignement avec la jeunesse ambiante peut mener à une forme de mélancolie.
Cependant, pour les moins de vingt ans, le message semble plus obscur. Ils s’interrogent sur la pertinence d’un achat physique et d’une diffusion télévisuelle. Pourquoi ne pas simplement diffuser la chanson sur Spotify ou proposer un flux TikTok d’enfants faisant du playback ? Pour cette génération, habituée à l’immédiateté numérique, la publicité de John Lewis pourrait s’apparenter à une relique d’un concours technologique dépassé. L’auteur suggère même, avec une pointe d’ironie, que l’année prochaine, la publicité pourrait être diffusée sous forme de phénakistiscope pour accentuer son caractère anachronique.
Malgré ce regard critique, une certaine forme de romantisme subsiste dans l’attachement à des traditions qui ont perdu leur utilité. Un enregistrement physique demeure souvent plus symbolique qu’un flux numérique, et une visite en magasin a une valeur ajoutée par rapport à un simple clic sur internet. Le simple fait qu’une publicité télévisée continue de faire l’objet de discussions, notamment dans la presse écrite – « la technologie la plus obsolète de toutes », conclut l’article avec humour – témoigne d’une résistance face à l’uniformisation numérique.
Cet article a été modifié le 4 novembre 2025 pour supprimer la suggestion selon laquelle la presse écrite est « obsolète ». Les journaux et magazines sont toujours disponibles.