Publié le 8 février 2026 07:55:00. L’Ibex 35 a clôturé le mois de janvier sur une note positive, affichant une progression de 3,2 %, un indicateur encourageant pour l’ensemble de l’année malgré un contexte géopolitique incertain et des défis économiques persistants. Les analystes anticipent une croissance mondiale soutenue, portée par l’intelligence artificielle, les énergies nouvelles et les investissements dans la défense.
- L’Ibex 35 a enregistré une hausse de 3,2 % en janvier, suggérant une tendance haussière pour 2026.
- Le secteur financier ouvre la saison des résultats avec des prévisions de croissance optimistes.
- Une croissance économique mondiale soutenue est anticipée, avec des taux de croissance variant selon les régions.
La Bourse espagnole a débuté l’année 2026 sur une dynamique positive, l’indice Ibex 35 franchissant pour la première fois la barre des 18 000 points. Cette performance, bien que légèrement inférieure à celle observée en début d’année 2025, laisse présager une année favorable pour les investisseurs. Historiquement, un mois de janvier positif est souvent synonyme d’une année boursière en hausse, avec une probabilité de 80 % d’une clôture annuelle positive.
Le secteur financier a donné le coup d’envoi de la saison des résultats avec des chiffres prometteurs et des prévisions de croissance robustes, ouvrant la voie aux autres entreprises cotées. Les valorisations actuelles, bien que parfois jugées exigeantes, restent justifiées par les conditions économiques favorables.
L’Espagne bénéficie d’une conjoncture économique positive, intégrant à nouveau le top 12 des plus grandes économies mondiales, ce qui encourage les investisseurs à prendre davantage de risques. Cette confiance se maintient malgré les tensions géopolitiques, notamment les initiatives de l’administration américaine, telles que les opérations au Venezuela et les discussions concernant le Groenland, ainsi que les menaces envers l’Iran.
Une croissance mondiale soutenue
Les prévisions de croissance économique mondiale pour 2026 tablent sur une dynamique soutenue, à condition que des événements imprévus, qualifiés de « cygnes noirs », ne viennent perturber cette trajectoire. Les États-Unis devraient afficher une croissance d’environ 2 %, légèrement plus modérée qu’auparavant, tandis que la zone euro devrait progresser autour de 1,1 %, soutenue par la consommation et les plans de dépenses dans les domaines de la défense et des infrastructures.
La Chine continuera de jouer un rôle stabilisateur dans l’économie mondiale, avec une croissance estimée entre 4,5 % et 5 % selon les analystes de Lombard Odier. En Espagne, Mapfre Économie prévoit une croissance de 2,2 % en 2026, suivie d’un léger ralentissement à 1,9 % en 2027. Cependant, un risque de divergence entre la croissance macroéconomique et la réalité vécue par les entreprises et les ménages est souligné.
L’inflation commence à être contenue
L’inflation, bien que toujours influencée par les droits de douane, semble commencer à être maîtrisée. Elle reste néanmoins un sujet de préoccupation majeur, tout comme la dette mondiale. Aucune surprise majeure n’est attendue cette année. Les prix aux États-Unis devraient rester supérieurs à 3 %, sous la pression d’une activité économique soutenue, mais sans signe de reprise inflationniste significative.
Cette situation favorise une plus grande stabilité de la politique monétaire. Des voix s’élèvent déjà au sein de la Réserve fédérale pour plaider en faveur d’une baisse des taux d’intérêt d’un quart de point. Un assouplissement monétaire pourrait devenir plus probable après le départ de Jerome Powell en mai et son remplacement par Kevin Warsh, le 17e président de l’institution, dont les positions sont similaires à celles de Donald Trump, qui prône un soutien accru à l’économie. La Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle atteint des niveaux de neutralité, l’inflation étant alignée sur son objectif de 2 %.
Les analystes misent sur l’intelligence artificielle, l’énergie, la défense et les infrastructures comme moteurs de croissance. Ces secteurs devraient bénéficier d’une demande soutenue et offrir des opportunités d’investissement intéressantes.
Dans ce contexte, les actifs à risque devraient rester attractifs. Les prévisions de bénéfices sont de plus en plus solides, avec une croissance à deux chiffres attendue pour les deux prochaines années, ce qui permettra d’absorber les niveaux élevés de liquidités accumulés depuis la pandémie. L’Ibex 35 devrait consolider son niveau de 18 000 points, soutenu par le secteur financier, qui continue de jouer un rôle moteur sur le marché. Le secteur bancaire s’impose une fois de plus comme un pilier du marché, bénéficiant du contexte économique mondial actuel.
Les investisseurs continueront de rechercher de nouvelles sources de rentabilité, notamment dans les domaines liés à l’intelligence artificielle, tels que la technologie, les centres de données et l’énergie nécessaire à leur fonctionnement, ainsi que dans la défense et les infrastructures, dans un monde marqué par des changements géopolitiques importants. L’intelligence artificielle est perçue comme un secteur clé pour l’avenir.
Julio Muñoz. Journaliste d’informations économiques et expert en communication.