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Economie : le climat des affaires freiné par les lenteurs de la reconstruction post-Chido

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Publié le 2025-10-02 03:47:00. L’indicateur du climat des affaires (ICA) de l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) enregistre un repli au deuxième trimestre 2025, plombé par l’incertitude entourant la reconstruction post-cyclone Chido et des difficultés de trésorerie persistantes.

  • Le climat des affaires s’est dégradé au T2 2025, l’ICA chutant de 5,1 points à 104,8.
  • Les retards dans la reconstruction post-cyclone Chido minent la confiance des chefs d’entreprise.
  • Malgré une inflation maîtrisée, la consommation des ménages est en baisse.

L’étude conjoncturelle de l’IEDOM pour la période avril-mai-juin 2025 révèle un moral des entreprises en berne. L’indicateur du climat des affaires (ICA) a reculé de 5,1 points pour s’établir à 104,8. Cette dégradation s’explique principalement par un environnement incertain, marqué par les lenteurs de la reconstruction attendue suite au passage du cyclone Chido en décembre 2024. Cette situation affecte directement la confiance des chefs d’entreprise, qui expriment des craintes quant à la pérennité de leurs structures, près de 18 % redoutant une défaillance dans les prochains mois.

« L’ICA accuse au second trimestre un repli de 5,1 points, et se positionne à 104,8. La reconstruction attendue suite au passage du cyclone Chido tarde à se concrétiser, affectant la confiance des chefs d’entreprises. A cette morosité s’ajoute une situation préoccupante en matière de trésorerie », souligne l’institut. L’activité économique, bien que soutenue par les travaux d’urgence et le lancement de marchés publics depuis le début de l’année, peine à retrouver une dynamique positive. La reconstruction, qui devait stimuler l’économie, tarde à démarrer, laissant place à l’incertitude.

Le secteur du commerce illustre cette fragilité, enregistrant une chute d’activité au deuxième trimestre, attribuée à une consommation insuffisante et à des stocks de produits finis trop bas. À l’inverse, les services marchands et le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) affichent une meilleure résistance, les professionnels du BTP espérant une reprise solide grâce au démarrage effectif des grands chantiers liés au cyclone.

Les signaux concernant la consommation des ménages et l’emploi sont mitigés. Après un léger rebond en début d’année, la consommation montre à nouveau des signes d’essoufflement. Les importations progressent légèrement (+7,2 % sur un an), stimulées par les besoins en biens de consommation et équipements, mais l’investissement des entreprises demeure contraint.

Le marché de l’emploi présente une note plus encourageante, avec une baisse de près de 20 % des demandeurs d’emploi de catégorie A par rapport au trimestre précédent, particulièrement chez les jeunes de moins de 25 ans. Cependant, l’IEDOM tempère cet optimisme, expliquant que cette baisse est en partie liée aux dispositifs d’activité partielle et ne témoigne pas encore d’un dynamisme réel en matière de créations d’emplois.

Sur le front des prix, l’inflation se maintient à 1,1 % en un an, un niveau proche de la moyenne nationale. La hausse est principalement tirée par les prix de l’alimentation (+4,4 %), qui représentent une part significative des dépenses des ménages (24 %), suivis par les services (+2,3 %) et les produits manufacturés (+0,8 %). Les prix de l’énergie, en revanche, reculent de 10,9 % suite à la baisse des tarifs de l’électricité et des produits pétroliers. Si cette maîtrise des prix évite une flambée, elle ne suffit pas à relancer la consommation.

Parallèlement, l’accès au crédit reste un frein majeur pour les investissements des entreprises. Malgré des besoins identifiés, notamment dans le bâtiment et pour le renouvellement des équipements, le volume des crédits accordés stagne, limitant la capacité des entreprises à préparer la reprise, selon l’IEDOM.

La reprise économique reste suspendue à l’avancement des travaux de reconstruction. L’activité est en recul, la consommation faiblit et la confiance des entrepreneurs demeure précaire. Le cyclone Chido, qui aurait dû initier une vague de chantiers redynamisant l’économie, a entraîné des retards significatifs. Pour de nombreux acteurs économiques, la relance dépendra de l’accélération des travaux et d’un soutien accru aux trésoreries des entreprises.

Les perspectives pour le troisième trimestre 2025 suggèrent une très légère reprise d’activité, mais les difficultés de trésorerie des entreprises devraient persister, conclut l’IEDOM.

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