Publié le 22 octobre 2025. Moscou confirme son statut de moteur économique de la Russie, affichant une croissance des revenus et une part prépondérante dans le commerce extérieur du pays, contrastant fortement avec la situation de nombreuses autres régions russes.
- Le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant à Moscou a connu une multiplication par 2,4 entre 2010 et 2023, atteignant 2,5 millions de roubles (environ 26 500 €) annuellement, soit 2,3 fois la moyenne des autres régions russes.
- La capitale et sa région concentrent à elles seules 44 % des exportations et 44,8 % des importations russes, un poids nettement supérieur à celui des grandes capitales européennes comme Paris ou Londres par rapport à leur économie nationale.
- Alors que Moscou voit ses revenus augmenter de 11 % l’an dernier, trois quarts des sujets fédéraux russes font face à un déficit budgétaire, freinant leurs investissements.
L’analyse des chiffres économiques révèle une disparité croissante au sein de la Fédération de Russie. Moscou s’affirme comme un centre névralgique, tant par son niveau de vie que par son poids dans les échanges internationaux. Cette centralisation économique renforce également le rôle des régions les plus pauvres dans l’effort de guerre, comme en témoigne la surreprésentation de leurs habitants parmi les combattants décédés en Ukraine, exacerbant les inégalités sociales qui se sont accentuées depuis 2022.
La comparaison avec d’autres capitales européennes souligne l’exceptionnalité de la situation moscovite. Si la région de Bucarest en Roumanie présente un écart significatif avec la moyenne nationale (2,45 fois plus de revenus pour ses habitants), les chiffres de Moscou sont sans équivalent parmi les grandes métropoles européennes. L’Institut Paris Région, par exemple, estimait en 2018 la part de la région parisienne dans les exportations et importations françaises à environ 20 % et 27,3 % respectivement. Pour Londres, ces proportions s’élevaient à 29,4 % pour les exportations et 21,8 % pour les importations.
Cette dynamique économique contraste avec la situation budgétaire de la majorité des régions russes. Seule la capitale enregistre une croissance significative des revenus, tandis que les trois quarts des sujets fédéraux luttent contre un déficit budgétaire. Ce déséquilibre contraint leurs capacités d’investissement dans des secteurs clés tels que les infrastructures, le logement ou la santé, accentuant encore le fossé entre Moscou et le reste du pays.