Publié le 17 février 2024 19:22:00. L’éducation à l’alimentation, de la composition des plats à la compréhension des saisons, pourrait devenir une composante essentielle de l’enseignement français, de l’école primaire au lycée. Une proposition de loi adoptée à l’Assemblée nationale vise à donner aux élèves les clés d’une alimentation saine et responsable.
- Une proposition de loi adoptée à l’Assemblée nationale rendrait l’éducation à l’alimentation obligatoire à l’école primaire et au collège, et proposerait un module facultatif au lycée.
- L’objectif est de former les élèves aux connaissances alimentaires, à la nutrition, à la saisonnalité et à la consommation responsable.
- Une phase expérimentale de trois ans est prévue dans des académies volontaires pour évaluer l’impact de cette nouvelle approche.
L’apprentissage du « bien manger » pourrait bientôt intégrer le cursus scolaire français, de l’école élémentaire au lycée. Les députés ont adopté, le 16 février, une proposition de loi portée par Olivia Grégoire (Renaissance), ancienne membre des gouvernements Borne et Attal, visant à faire de l’éducation à l’alimentation un pilier de la formation des citoyens.
Selon la députée parisienne,
« Former nos enfants à comprendre ce qu’ils mangent, à connaître les saisons, les produits et les territoires, c’est leur donner les clés d’une autonomie éclairée et d’un rapport plus juste au monde. C’est aussi leur transmettre un savoir essentiel pour leur santé, leur avenir et leur citoyenneté. »
Olivia Grégoire, Députée (Renaissance)
La proposition de loi s’articule autour de cinq objectifs principaux : développer les compétences des élèves en matière de connaissances alimentaires, de nutrition, de saisonnalité, d’équilibre alimentaire, de consommation responsable et de prévention des risques liés à l’alimentation ; promouvoir le « bien manger » et les bénéfices d’une alimentation non transformée ; prévenir les inégalités sociales et territoriales en matière d’accès à une alimentation saine ; renforcer la cohérence entre les enseignements théoriques et la restauration scolaire ; et enfin, mobiliser les acteurs locaux pour offrir aux élèves une culture alimentaire vivante et ancrée dans leur territoire.
Concrètement, à l’école primaire, l’éducation à l’alimentation prendrait la forme d’un enseignement structuré et obligatoire, intégré aux programmes existants, avec au moins trois séances par an. Cette formation serait étroitement liée à la restauration scolaire, assurant une continuité pédagogique entre les apprentissages en classe et les repas proposés à la cantine. Des ateliers culinaires, des activités sensorielles, des visites de producteurs locaux et la valorisation des métiers de bouche et agricoles seraient également mis en place.
Au collège, l’apprentissage de l’alimentation constituerait une nouvelle composante du parcours éducatif de santé, à travers un projet annuel obligatoire. Au lycée, un module expérimental facultatif serait proposé, en lien avec les filières de santé, d’agriculture, d’agroalimentaire et de transition écologique, et en collaboration avec les régions, compétentes en matière de restauration scolaire.
Le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a soutenu l’initiative, affirmant :
« Nous partageons la conviction que l’école est non seulement un lieu d’apprentissage et d’émancipation, mais aussi un lieu où se forgent la santé. »
Edouard Geffray, Ministre de l’Éducation nationale
Avant d’être définitivement adoptée, la proposition de loi devra être examinée par le Sénat. Si elle est validée, elle fera l’objet d’une expérimentation sur trois ans dans des académies volontaires. Cette phase permettra de tester différentes approches (ateliers sensoriels, visites de producteurs, projets autour de la restauration scolaire) et d’évaluer leurs effets sur les élèves.
Olivia Grégoire souligne l’urgence d’agir face à une « pandémie qui avance sans bruit » dans le pays : l’obésité, qui touche un Français sur cinq, et le surpoids, qui concerne la moitié de la population. Ces chiffres ont doublé en 30 ans et même quadruplé chez les 18-24 ans. Pour la députée, ce phénomène n’est pas le fruit du hasard, mais traduit une perte de repères, une méconnaissance croissante de ce que l’on mange et une déconnexion entre alimentation, santé et environnement. Un sondage OpinionWay révèle d’ailleurs que 87 % des Français souhaitent que leurs enfants reçoivent une éducation à l’alimentation obligatoire à l’école.