Publié le 2025-10-08 12:53:00. Alors que la multipolarité redéfinit les relations internationales, les acteurs africains analysent les opportunités et les contraintes de cette nouvelle configuration mondiale. Un rapport récent met en lumière la complexité des dynamiques à l’œuvre, loin d’une simple opposition entre Occident et puissances émergentes.
- La multipolarité en Afrique n’est pas qu’un récit de déclin occidental, mais une reconfiguration complexe des rapports de force.
- Les pays africains jouent un rôle actif dans la négociation de leurs relations internationales, malgré des asymétries persistantes.
- De nouveaux acteurs comme la Chine, la Turquie, l’Inde et des pays du Golfe ont accru leur présence sur le continent, tandis que la Russie renforce son engagement.
Depuis 2018-2019, le débat sur les relations internationales africaines s’est intensifié, passant de la notion d’une « nouvelle ruée vers l’Afrique » à une analyse plus approfondie des dynamiques multipolaires. La pandémie de COVID-19 et le conflit en Ukraine ont accentué ces tendances, exposant les divisions internationales et la mobilisation des gouvernements africains dans les instances onusiennes. Si les États-Unis marquent un désengagement relatif, d’autres puissances comme la Chine, l’Inde, la Turquie, le Brésil et des pays du Moyen-Orient ont considérablement étendu leur influence commerciale, économique et diplomatique.
La Russie, acteur historique de la Guerre Froide, réaffirme également sa présence, bien que de manière plus mesurée. L’élargissement des BRICS, avec l’adhésion de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et de l’Éthiopie, témoigne de ces changements de rapports de force. De même, l’intégration de l’Union Africaine au sein du G20 symbolise la reconnaissance croissante de l’importance du continent sur la scène internationale et son ambition de peser davantage sur les décisions globales.
Ce volume, intitulé « Effets de levier et limites : ce que pensent les acteurs africains de la nouvelle multipolarité », explore la manière dont les gouvernements, institutions et sociétés africaines négocient leur place dans un monde en mutation. L’objectif est de dépasser l’idée d’une simple opposition entre l’Occident et ses nouveaux concurrents pour mieux appréhender les stratégies africaines face à ces nouvelles réalités géopolitiques.