Publié le 2024-05-15 10:00:00. Une enquête préliminaire révèle qu’au moins neuf partis politiques au Pérou ont présenté des candidats impliqués dans des procédures judiciaires, des sanctions ou des condamnations pour les élections internes qui préparent le scrutin de 2026.
- Vladimir Cerrón, recherché par la justice, est candidat à la présidence avec Perú Libre.
- Martín Vizcarra, ex-président, et Arturo Fernández, ancien maire, figurent également sur des listes, malgré des disqualifications ou des condamnations.
- Plusieurs autres partis présentent des candidats sous le coup d’enquêtes pour corruption, trafic d’influence, ou des affaires personnelles.
Au Pérou, la campagne pour les élections internes de 2026 est marquée par la présence de nombreux candidats aux antécédents judiciaires complexes. Selon un premier bilan, neuf formations politiques au moins ont choisi d’inscrire sur leurs listes des personnalités faisant l’objet de procédures judiciaires, de sanctions ou de condamnations.
Parmi les cas les plus médiatisés, celui de Vladimir Cerrón, leader du parti Perú Libre, ne passe pas inaperçu. Actuellement en fuite, il aspire à la présidence alors qu’une ordonnance de 24 mois de détention préventive pèse contre lui dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent présumé.
D’autres figures politiques ne sont pas en reste. L’ancien président Martín Vizcarra, candidat à la vice-présidence pour Perú Primero, est quant à lui frappé d’une interdiction d’exercer des fonctions publiques. De son côté, Arturo Fernández, ex-maire provincial de Trujillo, se présente au même poste sous la bannière d’Un Camino Diferente. Condamné à un an de prison pour diffamation, il est en fuite. Il fait équipe avec sa sœur, Rosario Fernández, comme candidate à la présidence.
Au sein du parti Fuerza y Libertad, María Pariona vise la deuxième vice-présidence. Elle fait l’objet d’une enquête pour une prétendue collecte de cotisations auprès d’employés du gouvernement régional de Junín, dirigé par le gouverneur Zósimo Cárdenas. Sa défense a sollicité l’archivage du dossier, invoquant l’expiration du délai d’instruction.
Des candidats aux parcours controversés au Congrès
Pour le Congrès bicaméral, l’ancien maire provincial de Huaraz, Vladimir Meza, figure sur la liste du Sénat du parti País para Todos. Meza a été condamné en 2015 pour violences familiales et fait également l’objet d’une enquête pour des faits présumés de corruption lorsqu’il occupait le poste de maire.
Chez Fuerza Popular, Hugo Garay, candidat à la députation, a été condamné pour filiation de paternité extraconjugale et pour non-paiement de pension alimentaire. Quant à Alianza para el Progreso, Magaly Ruiz et Rosío Torres se présentent aux élections ; toutes deux sont impliquées dans des affaires de retenues illégales sur les salaires de leurs employés. Le parti Podemos Perú présente quant à lui Francis Paredes, soupçonné de trafic d’influence, et Amado Romero, ancien membre du Congrès accusé d’avoir reçu de l’or issu de mines illégales.
Dans le parti Démocratie verte, Félix Murazzo, ex-ministre de l’Intérieur, est sous le coup d’une enquête concernant la disparition forcée d’un étudiant en 1992. Perú Primero, la formation de Martín Vizcarra, compte également parmi ses candidats Maritza García et Rolando Bedregal, visés par des plaintes pour enrichissement illicite présumé et abus d’autorité, respectivement.
Perú Libre a également inclus des personnalités proches de Vladimir Cerrón. C’est le cas de l’ancien maire de Huancayo, Juan Carlos Quispe, qui a fui la justice et a été suspendu de ses fonctions en lien avec l’affaire « Los Tiranos del Centro ».
On retrouve également Jakelyn Flores, dont les conversations téléphoniques, révélées par la presse, faisaient état de sa coordination avec Juan Carlos Quispe pour sa nomination comme directrice municipale de Huancayo.