Home Accueil « Elle est prudente, elle est réfléchie, elle est stable » – The Irish Times

« Elle est prudente, elle est réfléchie, elle est stable » – The Irish Times

0 comments 67 views

Publié le 14 février 2026 à 07h01. Catherine Connolly, nouvelle présidente irlandaise, a discrètement pris possession de l’Áras an Uachtaráin, marquant un début de mandat étonnamment discret qui contraste avec les attentes suscitées par son élection.

  • Catherine Connolly a emménagé à l’Áras an Uachtaráin après les fêtes de Noël, près de deux mois après son investiture.
  • Son début de mandat se caractérise par un profil bas, sans communication ostentatoire ni frictions apparentes avec le gouvernement.
  • Si certains observateurs s’attendaient à une présidence plus conflictuelle, compte tenu de ses positions politiques affirmées, d’autres soulignent qu’elle remplit déjà son mandat.

L’installation de Catherine Connolly à la résidence présidentielle s’est faite sans fanfare, à l’inverse de son prédécesseur, Michael D. Higgins, qui avait quitté les lieux la veille de son départ. Aucune annonce officielle, pas de séance photo, ni de publication sur les réseaux sociaux n’ont accompagné ce déménagement. Plusieurs acteurs politiques ignoraient même qu’elle avait pris ses quartiers, malgré l’attente d’un changement de cap après douze ans de présidence Higgins.

Quelques travaux de rafraîchissement ont été nécessaires au Steward’s Lodge de Farmleigh, où la nouvelle présidente a séjourné pendant quelques semaines avant d’emménager définitivement. Les rumeurs selon lesquelles les chiens de Michael D. Higgins auraient causé des dommages nécessitant des retouches ont été fermement démenties par l’administration présidentielle.

Ce début de mandat discret reflète le ton général des cent premiers jours de Catherine Connolly, qui seront franchis le 19 février. Pas de grandiloquence, pas de polémiques, mais une volonté de se concentrer sur ses fonctions. Elle n’a pas manifesté de tensions avec le gouvernement, ni cherché à bousculer les codes de la présidence, évitant ainsi les titres sensationnalistes.

Ce choix surprend, d’autant plus que Catherine Connolly s’est distinguée par ses prises de position tranchées sur des sujets sensibles tels que la Palestine, la neutralité irlandaise et le « complexe militaro-industriel » européen. Ses critiques à l’égard de la politique gouvernementale avaient laissé présager un affrontement direct avec les institutions.

Lors de son discours inaugural au château de Dublin le 11 novembre, elle avait affirmé avoir reçu un « mandat fort » des électeurs pour « exprimer leur vision d’une nouvelle République. Une République digne de ce nom où chacun est valorisé et la diversité est chérie, où des solutions durables sont mises en œuvre de toute urgence et où le logement est un droit humain fondamental ». Elle avait promis d’être « une main ferme, oui, mais aussi un catalyseur de changement reflétant notre désir d’une République à la hauteur de son nom ».

Certains observateurs anticipaient précisément ce conflit. Paul Murphy, député du parti People Before Profit, avait écrit dans la revue en ligne Rupture que Catherine Connolly « représentera bien nos valeurs à la présidence et se révélera être une épine dans le pied de l’establishment politique ». En conséquence, certains membres du gouvernement avaient prévenu qu’ils ne laisseraient pas un comportement jugé excessif impuni, se disant prêts à répondre aux critiques de la présidente.

Mais, jusqu’à présent, cette confrontation n’a pas eu lieu. La plupart des membres du gouvernement, interrogés sous couvert d’anonymat par le Irish Times, se sont déclarés satisfaits et soulagés de ne pas avoir eu à gérer cette situation. La présidente a eu une « réunion au titre de l’article 28 » – la disposition constitutionnelle qui prévoit que le gouvernement informe le président de ses travaux – avec le Taoiseach, Micheál Martin, et les deux hommes auraient trouvé un terrain d’entente.

Les partisans de Catherine Connolly rejettent l’idée d’un début de mandat en douceur. Paul Murphy insiste sur le fait que, jusqu’à présent, elle a « rempli le mandat pour lequel elle a été élue », en parcourant le pays pour rencontrer des groupes communautaires et en défendant des causes telles que la neutralité, le droit international et la lutte contre le changement climatique. Elle s’est également rendue en Irlande du Nord, conformément à une promesse électorale.

Roderic O’Gorman, leader des Verts, estime qu’il était logique qu’elle « travaille dans les limites de son bureau » et se dit satisfait qu’elle ait maintenu le climat à l’ordre du jour.

« Je n’ai pas l’impression qu’elle est restée silencieuse – elle a fait quelques interventions ciblées », ajoute-t-il.

Cian O’Callaghan, leader adjoint des sociaux-démocrates et stratège de la campagne de Catherine Connolly, se dit confiant quant à son impact futur sur des questions clés.

D’autres députés et observateurs reconnaissent toutefois qu’ils n’ont pas encore eu beaucoup de nouvelles de la nouvelle présidente. « La transition du poste de députée à celui de chef de l’État est plus importante qu’on ne le pense », explique un haut fonctionnaire, estimant qu’il faut lui laisser le temps de s’adapter.

Le calendrier officiel de la présidente, publié par l’Áras, révèle un programme chargé d’engagements à travers le pays. Un quart de ses rendez-vous (20 sur 80) ont eu lieu à Galway, tandis que 30 autres se sont déroulés à Dublin, entre l’Áras (16) et divers lieux de la capitale. Elle a également effectué huit visites à Sligo, cinq à Kerry, deux à Clare, Monaghan et Meath, ainsi qu’une à Carlow et Louth. Sa visite de trois jours en Irlande du Nord a inclus neuf engagements officiels.

L’Áras annonce également des visites à Waterford, Donegal et Cork dans les semaines à venir.

Sa visite en Irlande du Nord, concrétisation d’une promesse de campagne, a été marquée par une rencontre avec Gregory Campbell, du DUP, qui s’est plaint qu’elle n’ait pas mentionné « Londonderry » et n’ait pas reconnu les souffrances de la communauté protestante pendant les Troubles. Elle s’est alors excusée.

Cette confrontation avec le DUP, bien que mineure, pourrait s’avérer politiquement judicieuse, en satisfaisant notamment les partisans du Sinn Féin, désireux de voir l’unité irlandaise au cœur de cette présidence.

Parmi les autres signaux envoyés par Catherine Connolly, on peut citer son accueil des coureurs de la « Course pour la Palestine » devant l’Áras an Uachtaráin en décembre, dont Naoise Ó Cairrelláin, alias Mógálí Bap, du groupe Kneecap. Elle a également reçu des personnalités telles que la militante pour le climat Greta Thunberg, Eoin Ó Broin (qui lui a offert son livre sur le logement) et la sénatrice Frances Black, membre du groupe pro-unité Ireland’s Future et promotrice du projet de loi sur les territoires occupés.

Eoin Ó Broin, député du Sinn Féin, a déclaré que sa visite en Irlande du Nord serait « considérée par les républicains comme très significative et très positive ».

Des discussions sont également en cours concernant son premier voyage à l’étranger. Si certains partisans espéraient une visite en Palestine, cela ne semble pas possible dans le contexte actuel. Une visite en Grande-Bretagne est envisagée, mais il ne s’agirait pas d’une visite d’État complète.

L’Áras annonce également des initiatives en faveur de la langue irlandaise et de la promotion de la parole des communautés et des jeunes. Des cours d’irlandais sont proposés au personnel existant et des locuteurs irlandais sont recrutés pour faire de l’irlandais une « langue de travail » à l’Áras.

Une source proche de la présidente s’attend à ce que son mandat devienne plus militant et plus visible, mais estime que cela se fera avec prudence et méthode. « Quel est son style ? Elle ne se lance pas dans n’importe quoi avec brio. Elle est prudente, réfléchie, stable. »

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.