Publié le 21 février 2026 à 16h09. L’implantation de Starlink en Afrique du Sud est bloquée par des réglementations locales strictes concernant la propriété, frustrant Elon Musk qui voit le service peiner à obtenir les autorisations nécessaires malgré une demande croissante en zones mal desservies.
- Elon Musk exprime sa frustration face aux obstacles réglementaires en Afrique du Sud, où Starlink n’a toujours pas obtenu de licence d’exploitation.
- Les exigences de propriété locale, stipulant que 30 % des opérateurs de télécommunications doivent être détenus par des groupes historiquement défavorisés, constituent le principal frein.
- Malgré ces difficultés, au moins 14 000 Sud-Africains utilisent déjà Starlink illégalement via des abonnements enregistrés dans les pays voisins.
La volonté d’Elon Musk de déployer son service de connectivité par satellite Starlink en Afrique du Sud se heurte à un mur réglementaire. Le milliardaire, né en Afrique du Sud, a publiquement déploré les lenteurs administratives, allant jusqu’à suggérer que son origine pourrait être un facteur bloquant, une affirmation rapidement démentie par les autorités sud-africaines. Il a réagi à un message sur X (anciennement Twitter) concernant un investissement potentiel de 500 millions de rands (environ 26,5 millions d’euros) en déclarant : « Mais c’est toujours en attente », témoignant de sa frustration persistante.
Au cœur du problème se trouvent les règles de propriété établies par la loi sud-africaine sur les communications électroniques. Cette législation impose que 30 % des opérateurs de télécommunications agréés soient détenus par des groupes historiquement défavorisés. Starlink, ne remplissant pas cette condition, se voit refuser l’obtention d’une licence d’exploitation. En juin 2025, la société aurait envisagé un investissement de 2,5 milliards de rands (environ 145,6 millions d’euros) pour tenter de se conformer aux exigences du Black Economic Empowerment (BEE), un programme visant à corriger les inégalités économiques héritées de l’apartheid.
Selon le site d’information Business Insider, Starlink a proposé des partenariats avec des entreprises locales pour la location de terrains, la connectivité fibre optique, les services énergétiques et la maintenance, dans le but de satisfaire aux obligations de conformité. Une évolution positive s’est produite en décembre 2025, lorsque l’Afrique du Sud a introduit une modification de sa politique permettant aux opérateurs de satellites étrangers de remplir leurs objectifs d’autonomisation économique grâce à des programmes d’investissement équivalent à des actions (EEIP), privilégiant ainsi les investissements de développement plutôt que les transferts de capitaux propres. L’engagement de Musk en faveur de la connectivité scolaire s’inscrit dans cette démarche, bien que l’approbation réglementaire tarde à venir.
Parallèlement, la situation a exacerbé les pressions exercées par les agriculteurs et les communautés rurales, qui estiment que le manque de connectivité entrave leur activité économique et leur accès aux services essentiels. Pour tenter d’influencer l’opinion publique, Starlink a lancé en février 2026 une campagne de sensibilisation pour répondre à ce qu’elle qualifie de « mythes et réalités » concernant ses opérations, et a encouragé ses partisans à contacter l’ICASA (Autorité indépendante des communications et des postes d’Afrique du Sud) pour plaider en faveur d’une réforme de la réglementation.
Malgré le blocage officiel, on estime qu’au moins 14 000 Sud-Africains accèdent illégalement à Starlink en utilisant des abonnements enregistrés dans des pays voisins, comme le Mozambique. Selon le site Eyewitness News, « il existe des revendeurs qui opèrent dans les pays où Starlink est disponible et qui gèrent le compte pour vous ». Starlink a averti que les utilisateurs sud-africains ne respectant pas ses conditions d’itinérance pourraient voir leurs services Internet par satellite interrompus d’ici la fin avril.
Les analystes du secteur prévoient une possible autorisation du lancement de Starlink d’ici la fin de 2026, à condition que les problèmes réglementaires soient résolus. Cependant, des contestations judiciaires de la part de concurrents locaux pourraient retarder cette autorisation jusqu’en 2030.