Le Japon a mis en garde contre les tentatives de modifier unilatéralement le statu quo par la force, établissant un lien direct entre la guerre en Ukraine et les tensions croissantes en Asie, notamment autour de Taïwan. Le ministre japonais de la Défense a souligné que la sécurité de l’Indo-Pacifique est indissociable de celle de l’espace euro-atlantique.
S’exprimant lors de la Conférence de Munich sur la sécurité le vendredi 17 février 2023, Shinjiro Koizumi a déclaré que « les fondements mêmes qui soutiennent l’ordre international sont mis à l’épreuve par des actions concrètes ». Il a fermement ajouté : « Les tentatives visant à modifier unilatéralement le statu quo par la force ne doivent jamais être tolérées. C’est pourquoi le Japon ne considère pas l’Ukraine comme un problème européen lointain. »
Cette prise de position intervient alors que Tokyo suit de près les activités militaires de la Chine en Asie. Depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022, le Japon a de plus en plus insisté sur l’interdépendance des enjeux de sécurité européens et asiatiques. Les dirigeants japonais ont à plusieurs reprises averti que la situation en Ukraine pourrait préfigurer un conflit similaire dans l’Indo-Pacifique, en particulier une éventuelle attaque chinoise contre Taïwan, une démocratie autonome.
En reliant explicitement ces deux zones géographiques, le Japon cherche à alerter la communauté internationale sur les risques d’une déstabilisation de l’ordre international fondé sur des règles, et à souligner l’importance d’une réponse unie face aux défis à la sécurité mondiale.