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Callum Turner in a Sleek, Silly Provocation

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Une famille américaine fortunée, expatriée en Espagne, se déchire dans un nouveau film décalé et visuellement flamboyant du réalisateur brésilien Karim Aïnouz. « Rosebush Pruning » explore les dynamiques toxiques et les désirs inavouables d’un clan pris au piège par ses privilèges.

Le film, présenté comme un mélange improbable de comédie noire, de drame et de satire sociale, suit Edward, le fils négligé d’une famille aisée installée sur la côte verdoyante du nord de l’Espagne. Edward, interprété par Callum Turner, observe avec une mélancolie distante les dysfonctionnements de ses frères et sœurs : Robert, consumé par une attirance inappropriée pour son frère aîné Jack, et Anna, une femme à l’énergie sexuelle débridée. Leur mère, décédée deux ans auparavant, a trouvé la mort dans des circonstances singulières, attaquée par des loups dans les bois catalans.

La situation bascule avec l’arrivée de Martha (Elle Fanning), la petite amie de Jack, dont la simplicité et le bon sens pourraient bien offrir à ce dernier une voie de sortie. Edward, quant à lui, semble avoir vécu une brève expérience dans le monde réel, ce qui ne fait qu’accroître son envie de s’échapper. Cependant, Anna et Robert s’opposent fermement à toute perturbation de l’équilibre familial et mettent en œuvre des mesures drastiques pour préserver le statu quo.

Le scénario, écrit par Efthimis Filippou, un collaborateur régulier de Yorgos Lanthimos, s’inspire librement du premier long métrage de Marco Bellocchio, « Fists in the Pocket » (1965). Toutefois, l’approche maximaliste et luxuriante de Karim Aïnouz donne au film une tonalité distincte, renforcée par la distribution prestigieuse. « Les gens sont des roses, les familles sont des rosiers », confie Edward dans une narration acerbe. « Les rosiers ont besoin d’être taillés. »

Le film excelle dans la représentation des actes de cruauté et d’élitisme du quotidien. Une scène particulièrement marquante met en scène Martha lors d’un déjeuner tendu avec la famille. Anna la juge impitoyablement, soulignant le fossé de prix entre sa robe Zara et son sac Bottega Veneta. Le patriarche, aveugle et sans filtre, incarné par Tracy Letts, ne manque pas non plus de faire une remarque déplacée sur le décolleté de l’invitée.

« Rosebush Pruning » aborde des thèmes anticapitalistes avec une ironie mordante, mais les rebondissements les plus complexes tendent à sombrer dans l’absurde. Le film, qui rappelle par certains aspects « Saltburn », se distingue par son esthétique flamboyante. La directrice de la photographie, Hélène Louvart, inonde l’écran de couleurs vives et saturées – des rouges vifs aux verts angélique en passant par des ultramarins saisissants – tandis que le décor, conçu par Rodrigo Martirena, évoque les magazines de mode. Les costumes, créés par Bina Daigeler, sont impeccables et inaccessibles, et la musique de Matthew Herbert ajoute une touche de luxe à cette histoire troublante.

Pour Callum Turner, ce rôle étrange et audacieux intervient alors que son nom circule pour incarner le prochain James Bond. « Rosebush Pruning » marque un tournant pour Karim Aïnouz, qui s’éloigne de la chaleur romantique de ses précédents films, tels que « Futuro Beach » ou « Invisible Life ».

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