Home International En coulisses… L’Egypte détermine les véritables priorités de l’accord de Gaza

En coulisses… L’Egypte détermine les véritables priorités de l’accord de Gaza

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Publié le 23 octobre 2025. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a échangé avec le chef des renseignements égyptiens sur l’avancement de l’accord de Gaza, alors que des divergences persistent entre Washington, Tel Aviv et Le Caire quant aux modalités de son application, notamment la présence de forces internationales.

Le quotidien israélien a rapporté que Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, a eu des discussions avec Hassan Rashad, directeur du renseignement égyptien, concernant les développements liés à l’accord de Gaza. Ces échanges interviennent dans un contexte de divergences notables entre les États-Unis, Israël et l’Égypte concernant les termes de cet accord.

Selon les informations, Le Caire privilégierait l’option du déploiement de forces internationales dans la bande de Gaza. Israël, de son côté, s’y opposerait pour l’instant, arguant que le Hamas serait en mesure de reconstituer ses capacités militaires sans aide extérieure.

Des visions stratégiques divergentes

Ahmed Al-Muslimani, président de l’Autorité nationale égyptienne de l’information, a précisé que ces divergences, bien que stratégiques, ne menaçaient pas la mise en œuvre de l’accord à court terme. Il s’est montré confiant quant à sa réussite et à la pérennité du cessez-le-feu, déclarant : « Les choses évolueront, l’accord réussira et le cessez-le-feu se poursuivra, quelles que soient les manœuvres de Netanyahu. »

Al-Muslimani a mis en lumière deux approches distinctes :

  • La première, attribuée à Benjamin Netanyahu, serait axée sur un « conflit permanent » et une « démocratie sanglante », visant à conserver le pouvoir par tous les moyens, y compris le recours à la violence contre les civils.
  • La seconde, d’origine égyptienne et soutenue par le Président Abdel Fattah Al-Sissi dès le départ, prônerait une paix durable, s’appuyant sur vingt points fondamentaux pour construire une solution d’ordre stratégique plutôt que tactique.

Il a également souligné que Netanyahu tend à focaliser les discussions sur les détails pour retarder et déconstruire l’accord. « Le Caire ne peut pas accepter une telle approche cette fois-ci », a affirmé Al-Muslimani, ajoutant que la question fondamentale réside dans la volonté d’Israël de parvenir à la paix et de permettre à Gaza de retourner à ses habitants pour entamer sa reconstruction.

L’Égypte et la scène internationale

La question du désarmement du Hamas fait l’objet de discussions entre les partenaires internationaux, incluant l’Égypte, les États-Unis, le Qatar, la Turquie et d’autres nations arabes. Al-Muslimani a rappelé que la vision égyptienne d’une solution à Gaza, qui a servi de base à l’accord de Charm el-Cheikh, bénéficie d’un soutien arabe unanime, y compris celui du sommet arabe, soulignant que « le monde entier est impliqué dans cet accord ».

Se concentrer sur un seul des vingt points, comme le fait Netanyahu, est jugé « inacceptable » car cela limite l’accord à un détail et occulte son essence. Pour l’Égypte, les priorités sont le retrait des forces israéliennes, la fin des hostilités et l’autodétermination du peuple palestinien.

« Nous ne voulons pas que la problématique soit réduite à la question des armes du Hamas. Nous nous concentrons sur le retrait de Gaza, l’ouverture des points de passage et l’acheminement de l’aide humanitaire », a précisé Al-Muslimani. Il a insisté sur le fait que la phase initiale devrait inclure la consolidation du cessez-le-feu, la livraison de l’aide et le déblaiement des décombres, avant d’entamer une phase de reconstruction visant à rétablir la stabilité pour le peuple palestinien.

Le président Al-Sissi et le ministre des Affaires étrangères ont réaffirmé la nécessité d’une feuille de route vers un État palestinien, où l’Autorité palestinienne détiendrait la souveraineté sur l’ensemble du territoire. La légitimité de l’État palestinien et le rôle central de son administration dans la gestion de ses affaires ont été soulignés.

Dispositions techniques et aide humanitaire

Les aspects techniques liés au volet sécuritaire, y compris la question des armes du Hamas, sont en cours de discussion entre les ministres des Affaires étrangères, les services de renseignement égyptiens et les autres parties prenantes. Cependant, ces points sont considérés comme secondaires par rapport aux enjeux stratégiques.

Al-Muslimani a développé son propos en indiquant que :

  • La politique prime sur les détails sécuritaires ; l’existence d’un État palestinien et la stabilité de son peuple sont bien plus importantes que des clauses spécifiques.
  • Se focaliser sur des détails pourrait être un prétexte pour affaiblir l’accord, comme cela s’est déjà produit. Netanyahu sait comment défaire un accord en se concentrant sur des détails mineurs.
  • Le retrait de l’armée israélienne de Gaza, qui occupe une large partie du territoire, doit constituer une étape préalable essentielle à toute discussion sur le désarmement du Hamas. Le déploiement de forces internationales de maintien de la paix est également préconisé pour assurer la stabilité durant la transition.

Reconstruction et étapes futures

La reconstruction de Gaza fera l’objet d’une conférence arabe prévue en novembre au Caire, rassemblant les ministres arabes des Affaires étrangères et les dirigeants concernés.

La priorité actuelle est de garantir le cessez-le-feu, d’acheminer l’aide humanitaire et de procéder au déblaiement des ruines, avant d’entamer la phase de reconstruction globale. La question fondamentale ne doit pas être réduite aux objectifs de Netanyahu, mais s’inscrire dans les priorités fixées par l’Égypte et les pays arabes : le retrait israélien, la reconstruction de Gaza, le renforcement de l’Autorité palestinienne et la garantie d’un État palestinien viable et unifié entre la Cisjordanie et Gaza.

Position égyptienne sur le désarmement du Hamas

Concernant les armes du Hamas, Al-Muslimani a clarifié la position égyptienne : « L’Égypte ne s’est pas prononcée en faveur du maintien du Hamas, ni du maintien de ses armes. » Il a précisé que ces questions sont techniques et secondaires, font l’objet de discussions à divers niveaux, mais ne constituent pas le cœur de la politique égyptienne, qui privilégie la paix, la stabilité et la légitimité palestiniennes.

L’objectif ultime reste le retrait des forces israéliennes, l’acheminement de l’aide, la reconstruction et l’instauration de l’Autorité palestinienne comme autorité souveraine sur l’ensemble de la Palestine, avec le soutien de la communauté internationale et des forces de maintien de la paix pour superviser ces étapes.

Synthèse de la vision égyptienne

La position de l’Égypte se résume ainsi :

  • Le retrait immédiat de l’armée israélienne de Gaza est la première étape cruciale, précédant toute autre discussion.
  • L’acheminement de l’aide humanitaire et l’ouverture des points de passage sont essentiels pour garantir des conditions de vie décentes aux Palestiniens.
  • La reconstruction et le plein exercice de l’Autorité palestinienne dans la gestion du territoire sont primordiaux.
  • La question des armes du Hamas est un élément technique discutable, qui ne doit pas entraver l’accord.
  • La création d’un État palestinien stable et unifié, reliant la Cisjordanie et Gaza, constitue l’objectif stratégique final.

Al-Muslimani a conclu en réaffirmant que Le Caire ne tolérerait pas que des manœuvres politiques israéliennes entravent le processus de paix. L’accent sera mis sur l’aspect humanitaire, la stabilité et la légitimité palestinienne, plutôt que sur les tactiques ou les détails qui caractérisent habituellement les propositions de Netanyahu.

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