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En Iran, l’ayatollah Ali Khamenei ou le crépuscule d’un tyran

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Comment un jeune étudiant religieux est-il devenu l’un des dirigeants les plus influents du Moyen-Orient ? L’ascension d’Ali Khamenei au poste de guide suprême de l’Iran, sur près de quatre décennies, est un parcours marqué par la foi, la politique et les circonstances.

Né en 1939 à Machhad, dans l’est de l’Iran, Ali Khamenei a suivi une voie prédestinée par sa famille, se consacrant aux études religieuses comme son père et deux de ses frères. Sa formation s’est poursuivie dans les séminaires chiites de Qom, près de Téhéran, où il a été influencé par les enseignements de l’ayatollah Khomeyni.

À l’époque, Khomeyni, déjà sexagénaire, était une figure respectée au sein de la hiérarchie chiite, reconnu comme un « grand ayatollah ». De plus en plus de disciples le considéraient comme une « référence » (baie), dont les opinions primait sur toute autre considération. Khamenei, encore adolescent, a été témoin de l’opposition ferme de Khomeyni à la politique pro-américaine et pro-israélienne du chah d’Iran, ce qui a conduit à l’exil de Khomeyni en 1964.

Khamenei est rapidement devenu un relais important de la propagande révolutionnaire de Khomeyni en Iran, ce qui lui a valu plusieurs arrestations et un exil temporaire loin de Téhéran.

La révolution islamique de février 1979, qui a renversé le chah, a marqué un tournant dans la vie de Khamenei. Il a été intégré à la direction collégiale qui a pris en main la gestion du pays. Quelques mois plus tard, en octobre 1981, il a été élu président de la République islamique, puis réélu en août 1985.

C’est cependant l’invasion de l’Iran par l’Irak en septembre 1980 qui a véritablement propulsé Khamenei sur le devant de la scène. En tant que vice-ministre de la défense, il a tissé des liens solides et durables avec les Gardiens de la révolution – le bras armé du régime, qui justifiait la répression intérieure par l’agression extérieure. Il a également été chargé de diriger la prière à Téhéran, et a survécu à un attentat à la bombe en juin 1981 qui a paralysé son bras droit.

Sa fidélité inébranlable à Khomeyni en a fait le candidat idéal pour succéder à ce dernier. La constitution iranienne, approuvée par référendum en 1979, avait instauré une « République islamique » fondée sur une dualité inédite des pouvoirs : un président élu au suffrage universel, mais soumis à l’autorité du « guide », Khomeyni, responsable uniquement devant Dieu. Khamenei incarne donc cette figure centrale du pouvoir théocratique iranien.

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