Publié le 15 février 2024 11:20:00. Stellantis opère un virage stratégique en relançant la production de moteurs diesel en Europe, tout en mettant fin à l’ère des moteurs PureTech, au cœur d’une réorganisation plus vaste menée par son nouveau PDG.
- Stellantis réintroduit au moins sept motorisations diesel pour ses modèles particuliers et utilitaires légers, face à un intérêt décroissant pour les véhicules 100% électriques.
- Le groupe met fin à la production des moteurs PureTech, en raison de problèmes de réputation et de fiabilité, et mise désormais sur l’expertise italienne avec la famille de moteurs FireFly.
- Les investissements de Stellantis sont progressivement redirigés des usines françaises vers le centre italien de Termoli, où sont produits les moteurs FireFly.
Alors que l’enthousiasme pour la transition vers le tout électrique semble s’essouffler, Stellantis prend le contrepied des tendances actuelles en relançant le diesel sur le marché européen. Cette décision, qualifiée de « renaissance » par certains observateurs, s’inscrit dans une stratégie plus globale de réorganisation du groupe, impulsée par son nouveau directeur général, Antonio Filosa.
Le groupe automobile ne se contente pas de faire revivre le diesel. Il entame également une rupture franche avec le passé en abandonnant les moteurs PureTech, qui ont été confrontés à des critiques récurrentes concernant leur fiabilité et leur performance. Stellantis entend ainsi tourner la page d’un chapitre controversé de son histoire et restaurer la confiance des consommateurs.
Pour ce faire, l’entreprise mise sur l’expertise de ses ingénieurs italiens et sur la famille de moteurs FireFly (GSE). Initialement destinés à être progressivement abandonnés, ces moteurs ont prouvé leur fiabilité en conditions réelles d’utilisation et sont désormais considérés comme un atout majeur. Ils équipent déjà des modèles à succès tels que l’Alfa Romeo Tonale et la nouvelle Fiat 500 Hybrid, cette dernière servant de garantie face à une demande en baisse pour les versions électriques.
Cette réorientation stratégique se traduit par un déplacement des investissements de Stellantis. Les usines françaises voient progressivement leurs ressources allouées au centre italien de Termoli, où sont produits les moteurs FireFly. Le groupe prévoit d’intégrer des systèmes hybrides légers de 48 volts et de développer une transmission électrifiée à double embrayage pour ces moteurs à combustion interne, afin de les rendre compatibles avec les futures normes environnementales, notamment la norme Euro 7.
La famille FireFly propose une large gamme de motorisations, allant du petit moteur 1,0 litre pour la conduite urbaine au bloc turbo 1,5 litre de 160 chevaux (environ 118 kW) pour les crossovers Alfa Romeo. Stellantis semble ainsi privilégier une approche pragmatique, en adaptant son offre aux besoins et aux attentes des consommateurs, plutôt qu’en imposant une transition forcée vers l’électrique.
En misant sur une combinaison de moteurs diesel modernisés et de moteurs essence italiens performants, Stellantis entend se positionner comme un acteur majeur de l’avenir de l’automobile en Europe, en proposant des technologies à la fois respectueuses de l’environnement et économiquement viables.