Publié le 2025-10-18 18:05:00. Le médicament Enhertu, développé par AstraZeneca et Daiichi Sankyo, pourrait révolutionner le traitement du cancer du sein grâce à des résultats prometteurs en phase précoce. Les données présentées lors d’un congrès d’oncologie suggèrent une alternative plus efficace et mieux tolérée que les traitements actuels.
- L’Enhertu a significativement réduit le risque de récidive et de décès dans le traitement du cancer du sein HER2-positif précoce.
- Les essais montrent un bénéfice de survie sans maladie et une meilleure réponse complète comparativement aux traitements de référence.
- Cette nouvelle génération de thérapies ciblées, appelées conjugués anticorps-médicament (ADC), promet de remplacer avantageusement la chimiothérapie conventionnelle.
Les résultats de deux études pivot sur l’Enhertu, dévoilés samedi lors du congrès de la Société européenne d’oncologie médicale, ouvrent la voie à une potentielle utilisation du médicament dans des stades plus précoces du cancer du sein. Actuellement indiqué pour les formes avancées, l’Enhertu pourrait ainsi évoluer vers un traitement curatif.
Dans une étude comparant l’Enhertu au Kadcyla de Roche (trastuzumab emtansine) chez des patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-positif à haut risque ayant présenté une persistance de la maladie après chirurgie et traitement initial, le risque de récidive ou de décès a été réduit de 53 %. Trois ans après le traitement, 92,4 % des patientes sous Enhertu étaient en vie et sans signe de maladie, contre 83,7 % pour celles traitées par Kadcyla.
L’Enhertu appartient à la catégorie des conjugués anticorps-médicament (ADC), surnommés « missiles guidés ». Ces thérapies se distinguent par leur capacité à cibler spécifiquement les cellules cancéreuses tout en épargnant les tissus sains, une approche plus précise que la chimiothérapie traditionnelle. Le cancer du sein HER2-positif, représentant environ 15 à 20 % de l’ensemble des cas, pourrait ainsi bénéficier de cette avancée thérapeutique.
Une seconde étude, portant sur l’administration de l’Enhertu en traitement néoadjuvant (avant chirurgie), a révélé un taux de réponse pathologique complète de 67,3 %, surpassant les 56 % obtenus avec la chimiothérapie standard. De plus, cette approche s’est accompagnée d’une réduction des effets secondaires graves.
Ces données renforcent non seulement le potentiel commercial de l’Enhertu pour AstraZeneca et Daiichi Sankyo, mais valident également la stratégie globale des entreprises en matière de conjugués anticorps-médicament.
« Cette vision que nous avons des conjugués anticorps-médicaments pour remplacer la chimiothérapie dans de multiples contextes différents est démontrée. »
Susan Galbraith, vice-présidente exécutive de la R&D en oncologie chez AstraZeneca
Ken Keller, responsable mondial de l’oncologie chez Daiichi Sankyo, a fait écho à ce sentiment :
« Partout où la chimiothérapie est active, nous nous demandons si nos ADC DXd peuvent faire plus. Cela guidera nos choix. »
Les deux sociétés ont engagé un vaste programme réglementaire pour l’Enhertu. Selon Ken Keller, le principal défi à venir résidera dans le délai d’obtention des approbations. Il s’est montré confiant quant à l’adoption du médicament, soulignant l’importance de s’assurer que les systèmes de santé nationaux pourront en supporter le coût et en garantir le remboursement.
Les ventes combinées de l’Enhertu ont atteint 3,75 milliards de dollars l’année dernière. Le médicament est déjà approuvé dans plus de 75 pays pour divers types de cancers, incluant des formes spécifiques de cancers du sein, du poumon non à petites cellules et de l’estomac.
Reportage de Mrinalika Roy à Bangalore ; Montage par Vijay Kishore
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