Home Accueil entre fréquentation des politiques et ligne « citoyenne », Philippe Dessertine sur une ligne de crête ?

entre fréquentation des politiques et ligne « citoyenne », Philippe Dessertine sur une ligne de crête ?

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Les manœuvres politiques entourant les élections municipales de Bordeaux s’intensifient, révélant un jeu complexe de rapprochements et de revirements. L’ancien soutien des Républicains à Philippe Dessertine, candidat se présentant comme un outsider, a finalement basculé vers Thomas Cazenave, le candidat soutenu par la majorité présidentielle, après des mois de négociations tumultueuses.

Marc Lafosse, délégué du parti Horizons à Bordeaux, se souvient des premiers contacts, remontant au 26 janvier 2025, jour du décès de Nicolas Florian, ancien maire de la ville. Il évoque alors des « approches, des danses du ventre » de la part de certains acteurs politiques. Philippe Dessertine était présent ce jour-là, « parmi les gens placés au premier rang », non seulement en tant qu’époux de Laurence Dessertine, ancienne adjointe au maire Alain Juppé et co-référente départementale d’Horizons.

En coulisses, Lafosse observe « le petit travail effectué par le collectif Dessertine ». Laurence Dessertine s’est ensuite retirée en mai. Début octobre, Philippe Dessertine a rencontré Bruno Retailleau, président des Républicains à Paris, qui l’aurait interrogé sur ses intentions alors que la droite cherchait à se rassembler autour de la candidature de Nathalie Delattre, sénatrice du Parti radical.

Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et président de la commission d’investiture des Républicains, confirme cette approche : « Après le décès de Nicolas Florian, nous n’avions pas de leader LR susceptible de conduire une liste. Bruno Retailleau a lui-même évoqué ce professeur Dessertine qu’il avait rencontré et qui pouvait être une solution… »

Cependant, Dessertine a refusé de se rallier et a officiellement lancé sa campagne mi-septembre. Le soutien des Républicains à Nathalie Delattre s’est concrétisé avec Géraldine Amouroux, sa co-directrice de campagne, désignée « cheffe de file » du parti pour les municipales en novembre.

Les sondages ont ensuite créé des tensions entre Cazenave et Delattre, avant qu’un accord ne soit trouvé in extremis, le 18 décembre. Le soir même, Géraldine Amouroux a reçu un appel d’un membre de « l’entourage » de Dessertine, qui lui aurait demandé de rejoindre leur camp, lui assurant qu’une union avec Cazenave était impossible.

Karoutchi reste cependant impassible : « Trois mois après, c’était trop tard, alors qu’on avait suivi Nathalie Delattre et qu’on se retrouvait sur la ligne de Thomas Cazenave, comme la veuve de Nicolas Florian. Une fois qu’on avait un accord électoral, ça n’avait plus de sens », estimant que Cazenave représente « la meilleure chance » de battre Pierre Hurmic, le maire sortant.

Amouroux déplore « une histoire en dents de scie, des hauts, des bas, des rendez-vous manqués ». Elle se refuse à « faire du Dessertine bashing », mais s’est sentie contrariée en découvrant, le 16 février, une interview de Philippe Dessertine sur TV7, où il déclarait : « Vous me parlez de Thomas Cazenave, et pourquoi pas Pierre Hurmic ou quelqu’un d’autre ? Moi, je suis dans une logique citoyenne. »

Amouroux conteste l’image d’un candidat 100 % citoyen : « Il a cherché des soutiens politiques, et son équipe a été proactive pour ramener dans son sillage des militants LR », après l’union de Delattre et Cazenave. Dessertine, de son côté, estime qu’une candidature citoyenne est « un truc compliqué pour les partis. Normalement, ça ne doit pas prendre ». Il reconnaît entretenir des liens avec le monde politique, notamment à travers le Siècle, un cercle parisien de dirigeants, dont il est membre depuis une quinzaine d’années, ainsi que par ses engagements passés, notamment en tant que président du Comité 21.

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