Le projet de nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse traverse une nouvelle zone de turbulences. Malgré le rejet par le tribunal administratif de Toulouse d’une demande de suspension des travaux en référé, l’association Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées maintient sa pression. Pour elle, cette décision provisoire ne préjuge en rien de l’issue des recours sur le fond et confirme la fragilité d’un projet jugé « injustifié ».
La justice administrative a donc rendu son verdict mardi 30 septembre : le recours en référé des opposants au chantier de la LGV Toulouse-Bordeaux a été rejeté. Ces derniers contestaient l’autorisation environnementale délivrée pour les travaux au nord de Toulouse. La décision valide, à titre conservatoire, la légalité de l’arrêté préfectoral du 9 février 2024.
« On considère que les juges ont botté en touche. Elles ne nous ont pas donné raison, mais disent bien que c’est une décision provisoire et que le dossier sera traité sur le fond plus tard », a réagi Jean Olivier, co-président des Amis de la Terre Midi-Pyrénées, association en première ligne face à ce projet. Ce dernier estime que le tribunal n’a pas disposé d’éléments suffisants pour ordonner une suspension immédiate des travaux. « C’est toujours décevant et on souhaite que la justice prenne ses responsabilités. Mais nos arguments n’ont pas été démontés », a-t-il insisté, affirmant que « la SNCF et l’État se sont retrouvés en grande difficulté, sans véritable argument ».
Malgré ce revers procédural, l’association voit dans ce dossier des avancées. « Nous restons satisfaits car la SNCF a annoncé une modification du calendrier des travaux et a renoncé à couper des arbres avant 2027. Ce dossier est déjà en partie déminé », se réjouit le coprésident.
La mobilisation ne faiblit pas : « On est plus que jamais motivés. Ça va se jouer sur les recours au fond, un peu comme pour l’A69. Il y a une grosse similitude entre les deux dossiers, avec les mêmes causes et les mêmes effets. Le dossier LGV est encore plus mauvais », a jugé Jean Olivier. Deux recours de fond sont en effet en cours : l’un concernant la partie sud du tracé, près de Bordeaux, et l’autre la partie nord, près de Toulouse.
Le responsable associatif dénonce le début des travaux des Aménagements Ferroviaires au Nord de Toulouse (AFNT), qu’il qualifie d’irresponsable. « Atosca, pour l’A69, avait procédé pareil. Quand les juges prendront le temps d’analyser, ce sera différent. Jusqu’à présent, ces projets sont passés en force, mais désormais les choses ont changé. »
Financement, biodiversité, ressources en eau : Les Amis de la Terre rappellent leurs arguments contre la LGV. « Ils lancent des travaux d’un milliard d’euros alors qu’ils ne sont même pas sûrs d’avoir les financements, notamment de Bercy et de l’Europe. Au lieu d’améliorer les trains du quotidien, ils dégradent la biodiversité », poursuit Jean Olivier. « Tout ça pour détériorer encore le service ferroviaire de proximité, au profit d’une LGV injustifiée. C’est faire du béton pour rien ».