Publié le 27 février 2026. Quatre ans après le succès du biopic « Elvis », un film-concert inédit ressuscite la légende du King, révélant des images d’archives exceptionnelles et un Elvis plus authentique que jamais.
Un véritable retour aux sources. Ce n’est pas un imitateur qui se présente, mais Elvis Presley lui-même, capturé dans l’effervescence d’un concert à Las Vegas, vêtu d’un costume crème à franges, tandis que les premières notes du « Zarathoustra » de Strauss résonnent. Il entame alors « That’s All Right », le titre qui a lancé sa carrière, vingt ans avant ses triomphes à l’Hôtel International. Le film, intitulé « Epic », rassemble des enregistrements de performances des débuts des années 1970, des centaines de morceaux qui témoignent de l’évolution artistique et physique d’Elvis jusqu’à sa mort et son entrée dans la légende.
L’approche de Baz Luhrmann, qui avait déjà revisité la vie d’Elvis dans son long métrage de 2022, semble à la fois cohérente et surprenante. Son film avait contribué à humaniser le mythe, présentant un Elvis plus vulnérable, un musicien de Memphis qui, selon certains, n’a pas volé sa culture au monde afro-américain, mais l’a vécue pleinement. Austin Butler, dans le rôle d’Elvis, avait offert une interprétation saluée par la critique et récompensée par un Oscar.
Le biopic de Luhrmann, analysé par Hans-Ulrich Gumbrecht dans un essai, dépeint le parcours d’Elvis comme une fable moderne, avec le colonel Tom Parker, interprété par Tom Hanks, dans le rôle du diable. L’histoire se déroule à partir de 1973, lorsque le manager voit son artiste se consumer sur scène à Las Vegas, racontant ainsi la plus grande histoire que la musique populaire ait connue : celle d’un garçon béni par une voix divine lors d’une messe évangélique, devenu une étoile mourante.
« Epic » ne se contente pas de montrer comment le film « Elvis » a été réalisé, avec une attention méticuleuse portée aux détails, de la boucle de ceinture dorée aux faux doubles mentons. Il révèle également l’impact culturel d’Elvis, sa capacité à transcender les critiques et les accusations. Il a été vilipendé pour son style provocateur, accusé d’être un agresseur et un traître, mais il a continué à danser et à chanter, défiant les conventions et les préjugés.
Dans le film, Elvis répond à ses détracteurs avec une phrase devenue culte :
« Tout le monde laisse échapper quelque chose. Quoi qu’il en soit. »
Les scènes les plus captivantes ne sont pas celles des concerts, où le public en délire lui lance des sous-vêtements, mais les enregistrements des répétitions. Elvis se révèle alors comme un chef d’orchestre, un directeur musical qui inspire ses musiciens et sa chorale. Ils interprètent « Polk Salad Annie » avec une énergie débordante, explorant différentes nuances à chaque représentation. Il ne fait pas de la musique, il *est* la musique.
Il se décrit lui-même comme un « showman », et c’est bien ce qu’il est : un artiste drôle et charismatique qui ne se prend jamais trop au sérieux. Cependant, dans ses dernières années à Las Vegas, il devient une caricature de lui-même, avec ses perruques extravagantes, ses lunettes de soleil futuristes et ses combinaisons dorées. Le colonel Parker, qui l’a enfermé dans une routine commerciale, déclare :
« Chaque showman est un bonhomme de neige. Quelqu’un qui fabrique de la neige et la vend à tous ceux qu’il rencontre. »
Le film « Elvis » a contribué à raviver les clichés et les images d’un Elvis mort-vivant. Le récent film « Priscilla », avec Jacob Elordi dans le rôle du King, le présentait comme un géant triste. Avec « Epic », Baz Luhrmann ramène désormais le véritable Elvis, celui que le public avait oublié. C’est un hommage qu’il lui devait, et que le public attendait.
« Epic » sortira en salles le 26 février.