Publié le 15 février 2026 à 07h06. Face à l’escalade des tensions avec la Russie, un député norvégien plaide pour une réévaluation de la politique de défense du pays, notamment en levant les restrictions sur la présence de navires alliés armés du nucléaire dans les ports norvégiens et en reconsidérant l’adhésion à la Convention sur les mines.
- Erlend Svardal Bøe, député, critique l’inaction face aux agissements de la Russie.
- Le Parti conservateur envisage de lever les restrictions sur les activités militaires de l’OTAN dans le nord de la Norvège.
- La Finlande et les pays baltes ont récemment quitté la Convention sur les mines, une décision que la Norvège pourrait suivre.
La Norvège doit-elle se préparer à un conflit plus large ? C’est la question que pose Erlend Svardal Bøe, député du parti conservateur, alors que la Russie poursuit ses actions militaires en Europe et intensifie ses manœuvres hybrides. Il estime que le pays ne peut plus se contenter d’observer la situation sans agir.
« Que fait la Russie ? Elle entre en guerre contre un autre pays européen, lance des attaques hybrides contre la Norvège et rapproche ses armes nucléaires de l’Europe. Devons-nous simplement nous asseoir et regarder ? »
Erlend Svardal Bøe, député
Le député plaide pour une révision en profondeur de la politique de défense norvégienne, notamment lors du prochain congrès national du Parti conservateur. Deux propositions clés seront soumises au vote dimanche : la suppression des restrictions auto-imposées à l’OTAN concernant les activités militaires dans le nord du pays, et un examen des conventions internationales auxquelles la Norvège est partie, afin de renforcer ses capacités de défense.
Actuellement, les navires alliés équipés d’armes nucléaires ne sont pas autorisés à accoster dans les ports norvégiens. De plus, la Norvège est signataire de la Convention des Nations Unies sur les mines, qui interdit la manipulation des mines antipersonnel. Erlend Svardal Bøe souligne que d’autres pays voisins de la Russie, comme la Finlande et les États baltes, ont déjà pris des mesures pour renforcer leur sécurité, notamment en se retirant de cette convention.
Selon lui, ces pays se préparent à une éventuelle invasion russe conventionnelle et la Norvège doit faire de même. Il insiste sur la nécessité d’accroître les moyens de défense du pays pour dissuader toute agression.
« Les pays baltes et la Finlande se sont retirés de la convention minière. Ils se posent la question de savoir comment empêcher une éventuelle invasion conventionnelle russe. Nous devons donner à la défense plus de moyens pour arrêter ceux qui ne veulent pas de nous si cela devient pertinent. »
Erlend Svardal Bøe, député
Interrogé sur la possibilité d’une militarisation accrue de la frontière avec la Russie, le député répond affirmativement. Il rappelle que la Finlande a déjà pris cette voie en se retirant de la Convention sur les mines. Il précise qu’il ne s’agit pas d’une volonté d’agression, mais d’une nécessité de se préparer à un scénario de guerre, comme l’a souligné le chef de la défense norvégienne.
Erlend Svardal Bøe estime également qu’il est temps pour la Norvège de remettre en question les doctrines de défense dépassées et d’envisager des options plus audacieuses, y compris la possibilité d’autoriser la présence d’armes nucléaires sur son territoire, sans toutefois évoquer l’installation de silos. Il souligne que la question d’un parapluie nucléaire européen est actuellement débattue en Europe, mais que la Norvège reste trop timide sur ce sujet.
Le débat sur la politique de défense norvégienne est relancé par ces propositions, qui visent à renforcer la dissuasion face à une Russie jugée de plus en plus agressive. La décision finale reviendra aux membres du Parti conservateur lors de leur congrès national dimanche.