Home Économie Est-ce que ça marche vraiment ? Nous avons essayé de recharger la voiture avec une voiture, le résultat nous a un peu surpris

Est-ce que ça marche vraiment ? Nous avons essayé de recharger la voiture avec une voiture, le résultat nous a un peu surpris

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Publié le 05/11/2025 13:00:00. Nos confrères ont testé une fonctionnalité méconnue des voitures électriques : la capacité à redonner de l’énergie. La Renault 5, notre cobaye jaune vif, s’est prêtée à l’exercice pour dépanner une Skoda Elroq, mais le résultat est mitigé.

  • Certaines voitures électriques peuvent alimenter d’autres appareils ou véhicules, une fonction baptisée « Vehicle-to-Load » (V2L).
  • Renault propose cette capacité sans surcoût sur certains modèles, comme notre R5 de longue durée.
  • Le transfert d’énergie, bien que fonctionnel, s’avère lent et coûteux en efficacité énergétique.

Difficile de trouver plus voyant que notre Renault 5 jaune pour incarner un « ange gardien » motorisé. Au-delà de sa couleur éclatante, ce modèle cache une fonction potentiellement salvatrice pour les automobilistes en panne de batterie : la possibilité de redistribuer son énergie. Nos confrères ont voulu vérifier l’efficacité de cette option V2L (Vehicle-to-Load), qui permet littéralement de faire don d’électricité à une autre voiture électrique en détresse. Le cobaye désigné pour recevoir cette énergie ? Une Skoda Elroq, elle aussi à l’arrêt.

L’initiative, proposée par Renault sans surcoût, n’est pourtant pas généralisée. Il n’est pas toujours évident de savoir si une voiture électrique peut « donner » de l’énergie. Si les Skoda ne semblent pas encore équipées pour cette fonction, des évolutions sont à l’étude. Dans le cas présent, seul le transfert de la R5 vers l’Elroq a pu être testé.

Pour que ce don d’énergie soit possible, un équipement spécifique est indispensable. Il ne suffit pas d’un simple câble ; une unité de contrôle capable de dialoguer avec les deux véhicules est nécessaire. Chez Renault, pour que la voiture comprenne qu’elle doit fournir de l’énergie et non en recevoir, un boîtier spécial se connecte à la prise de charge. Cet accessoire, facturé environ cinq mille couronnes (environ 200 euros), est suffisamment compact pour se loger dans le coffre, à la place d’un kit anti-crevaison.

Une fois ce module branché, la prise de charge de la Renault 5 se transforme en une prise de courant classique de 230 volts. Elle peut ainsi alimenter pratiquement tous les appareils électriques, y compris le câble de recharge « domestique » que l’on trouve dans l’équipement de base de la plupart des voitures électriques, souvent proposé en option payante par les constructeurs.

Le montage est donc simple : on relie les deux voitures via une prise 230 volts côté Renault et un connecteur de type Mennekes côté Skoda. Le câble utilisé, équipé de l’unité de commande adéquate, est un produit standardisé, universellement compatible, quelle que soit la marque du véhicule.

Après une courte période de vérification, l’Elroq réagit. La diode jaune clignotante près de son port de charge passe au vert, signalant le début de l’opération. Le transfert d’énergie est effectif : la batterie de la Skoda se recharge grâce à l’électricité fournie par la Renault 5. L’équivalent d’un bidon d’essence pour un véhicule thermique, mais adapté à l’ère de la mobilité électrique.

Cependant, cette solution de dépannage d’urgence présente des inconvénients notables en termes d’efficacité et de rapidité.

D’une part, l’énergie fournie par la Renault 5, issue de sa batterie en courant continu, est d’abord convertie en courant alternatif pour être transmise à la Skoda. Celle-ci doit ensuite reconvertir ce courant alternatif en courant continu pour pouvoir charger sa batterie et alimenter son système de propulsion. Cette double conversion n’est pas sans pertes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : si 2 kilowatts (kW) quittent la Renault, seulement 1,5 kW parviennent effectivement à la Skoda. Ce sont donc 500 watts, soit un quart de l’énergie délivrée, qui sont perdus en chemin. Un rendement qui laisse à désirer.

D’autre part, venir en aide à un automobiliste dans le besoin implique une contrainte de temps non négligeable pour le véhicule « donneur ». Une heure de recharge par ce biais n’a permis de parcourir que neuf kilomètres supplémentaires pour l’Elroq. Si une borne de recharge publique se trouve à proximité, cela peut suffire. Mais en l’absence d’une telle infrastructure, le geste altruiste se transforme en une épreuve de patience.

En résumé, le dépannage d’une voiture électrique par une autre, sur une aire de repos par exemple, n’a rien de comparable à un simple transvasement de carburant. L’opération en elle-même est d’une grande simplicité et ne salit pas les mains. Le principal frein réside dans la durée, qui peut s’étendre de plusieurs dizaines de minutes à plusieurs heures, en fonction de la distance à parcourir jusqu’à une borne de recharge classique. Saluons néanmoins l’initiative de Renault qui permet cette forme d’entraide en cas d’urgence.

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