Publié le 15 mai 2025. Des affrontements violents ont éclaté à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan, entraînant la fermeture des points de passage et une escalade des tensions entre les deux pays. Ces incidents surviennent après des frappes aériennes pakistanaises ciblées sur des camps terroristes en Afghanistan.
- Des échanges de tirs d’artillerie et d’armes légères ont eu lieu samedi soir et dimanche, les talibans affirmant avoir mené une « opération spéciale » en réponse aux frappes pakistanaises.
- Le Pakistan a fermé ses frontières avec l’Afghanistan suite à ces incidents, provoquant un regain d’inquiétude sur la stabilité régionale.
- Ces heurts, qualifiés de « sans camp » par un expert, semblent destinés à se poursuivre par des escarmouches limitées, sans opération terrestre de grande envergure envisagée.
La situation à la frontière pakistano-afghane s’est brutalement détériorée ce week-end, les deux nations s’échangeant des tirs d’artillerie et d’armes légères. Les talibans ont revendiqué une « opération spéciale » en guise de représailles aux frappes aériennes menées par le Pakistan en début de semaine contre des camps terroristes sur le sol afghan. En réaction, le Pakistan a décidé de fermer ses points de passage frontaliers, ajoutant une couche d’incertitude à une région déjà volatile.
Selon Egidijus Papečkys, analyste cité par la publication, le régime taliban, intrinsèquement lié à la guerre et à la notion d’ennemi, aurait besoin d’un contexte de conflit pour assurer sa survie. Il souligne par ailleurs que la Russie, en reconnaissant le gouvernement taliban et en le retirant de sa liste d’organisations terroristes, s’est temporairement garanti une paix fragile, un élément jugé crucial pour Moscou face à la menace d’idéologie radicale et de terrorisme émanant de la région. Ces dernières années, l’influence des talibans semble s’être étendue au Pakistan, complexifiant la tâche des autorités pakistanaises qui doivent sécuriser une frontière montagneuse de 2 600 kilomètres.
Face à ce qu’il percevait comme une menace croissante, le Pakistan a lancé des frappes aériennes contre des camps terroristes situés en Afghanistan. Cet acte a été interprété par les talibans comme un prétexte idéal pour mener une offensive ciblée contre des postes frontières pakistanais. Ces derniers, décrits comme modestes et destinés à contrôler les passages illégaux et les petits groupes terroristes, se seraient avérés insuffisants pour résister aux attaques coordonnées des talibans. Le Pakistan aurait répliqué par des tirs d’artillerie, détruisant d’anciens postes frontières afghans, désormais désertés par des talibans qui se seraient dispersés.
L’expert en stratégie militaire interrogé note que ces affrontements à la frontière pourraient s’éterniser, sans qu’aucun camp ne prenne clairement l’avantage ni n’envisage une opération terrestre d’envergure. Il estime que le Pakistan se trouve dans une position moins confortable cette fois-ci, l’initiative semblant être du côté des talibans, qui disposent de plus de marges de manœuvre dans ce type de conflit. Malgré les échanges de tirs et les heurts sporadiques, l’expert évalue qu’un embrasement généralisé reste peu probable à court terme.
Il est rappelé que le dimanche, le Pakistan a procédé à la fermeture des points de passage frontaliers avec l’Afghanistan, suite à des attaques nocturnes qui auraient causé la mort de 58 soldats pakistanais, selon des informations rapportées par Reuters. Les autorités de Kaboul ont indiqué que les tirs sur les postes frontières pakistanais, survenus le samedi soir, constituaient une riposte aux frappes aériennes pakistanaises. La situation aurait finalement trouvé un apaisement dimanche, à la demande du Qatar et de l’Arabie saoudite, qui ont exprimé leur préoccupation face à ces affrontements.