Publié le 26 février 2026 07:43:00. Des discussions sont en cours en Formule 1 pour potentiellement ajuster les règles concernant la gestion de l’énergie, certains estimant que les exigences actuelles complexifient inutilement l’expérience de pilotage et pourraient nuire aux dépassements.
- Les équipes envisagent d’autoriser les moteurs à récupérer jusqu’à 350 kW (470 ch) d’énergie, même lorsque le pilote maintient l’accélérateur à fond, une pratique actuellement limitée.
- Une autre option serait de réduire la puissance du moteur électrique, actuellement plafonnée à 350 kW (470 ch), à 300 kW (402 ch) ou 250 kW (335 ch) pour favoriser une conduite plus naturelle.
- Le nouveau bouton « dépassement », qui remplace le DRS, pourrait bénéficier d’une augmentation de puissance si la puissance électrique globale était réduite.
La complexité de la gestion de l’énergie est devenue un point de débat majeur en Formule 1. Si le système de récupération d’énergie (ERS) a indéniablement contribué à l’efficacité et à la performance des monoplaces hybrides depuis son introduction en 2014, certains acteurs du paddock s’interrogent sur son impact sur la pureté du défi de pilotage. Le système actuel, qui permet de récupérer l’énergie cinétique au freinage et la chaleur des gaz d’échappement, exige des pilotes une gestion constante et précise de la puissance, parfois au détriment du plaisir de conduire.
L’un des points de discussion concerne le « super-clipping », une technique permettant de récupérer de l’énergie même lorsque le pilote est à pleine charge. Bien que le règlement limite actuellement cette récupération à 250 kW, les moteurs sont capables d’en récupérer jusqu’à 350 kW lorsque le pilote lève le pied. La question est donc de savoir s’il ne faudrait pas autoriser une récupération maximale continue, même au prix d’une légère perte de vitesse de pointe.
Une autre proposition consiste à réduire la puissance du moteur électrique. L’idée est de permettre aux pilotes d’appliquer la puissance disponible plus longtemps, rendant ainsi la conduite plus intuitive et moins dépendante de stratégies complexes de gestion de l’énergie. Cependant, cette option soulève des inquiétudes quant à la nécessité de modifier en profondeur la conception des moteurs et des boîtes de vitesses.
Le nouveau bouton « dépassement », conçu pour remplacer le système de réduction de la traînée (DRS) désormais obsolète, pose également problème. Ce mode fournit de l’énergie électrique supplémentaire aux pilotes, mais ne crée pas de puissance ou de vitesse supplémentaires. En conséquence, les dépassements pourraient s’avérer plus difficiles qu’auparavant. Une réduction de la puissance électrique globale pourrait permettre de réaffecter une partie de cette puissance au mode dépassement, améliorant ainsi son efficacité.
La difficulté de la gestion de l’énergie varie considérablement d’un circuit à l’autre. À Bahreïn, par exemple, les nombreuses zones de freinage permettent une récupération d’énergie standard. En revanche, des circuits comme Albert Park, qui accueillera le Grand Prix d’Australie le 8 mars, sont beaucoup plus exigeants en énergie, nécessitant une utilisation intensive du « super-clipping » et des phases de « lift and coast » (lever d’accélérateur et maintien de la vitesse). D’autres circuits énergivores incluent l’Arabie Saoudite, l’Autriche, Silverstone, Monza, l’Azerbaïdjan et Las Vegas.
Les équipes et les instances dirigeantes de la FIA et de la F1 sont en discussion permanente pour déterminer si des mesures doivent être prises et, le cas échéant, quelle forme elles devraient prendre. Andreas Stella, un responsable d’équipe, a souligné la nécessité de trouver un équilibre entre les réglementations actuelles et les défis de pilotage :
« Il pourrait certainement encore y avoir des cas dans lesquels le conducteur doit aborder la conduite d’une manière qui n’est pas courante – (où) nous roulons aussi à plat que possible, freinons le plus tard possible, allons aussi vite que possible dans chaque virage. »
Andreas Stella
Il a ajouté :
« Quand il s’agit d’améliorer l’équilibre entre les réglementations dans leur format actuel et certains autres défis de conduite, il est temps de résoudre ce problème. Il y a donc des choses qui peuvent être faites à l’avenir, mais je pense que nous devrions surveiller un peu plus certains autres circuits (avant de décider quoi faire). »
Andreas Stella