Les écuries de Formule 1 ont achevé leur programme de pré-saison à Bahreïn, laissant entrevoir une lutte serrée pour le titre en 2026, avec Mercedes et Ferrari en tête de peloton. L’attente est désormais fixée au 5 mars, date du Grand Prix d’Australie à Melbourne, qui marquera le début de la saison.
Après des essais à Barcelone et deux sessions de trois jours à Bahreïn, les équipes ont passé au crible les données et les sensations. Voici une analyse des performances et des prévisions pour la saison à venir.
Mercedes en position favorable
Mercedes n’a pas signé le meilleur temps lors des essais à Bahreïn, mais les performances de Kimi Antonelli et George Russell suggèrent une bonne préparation pour 2026. Antonelli a réalisé un temps de 1 minute 32 secondes 803, à environ 0,8 seconde du meilleur temps de Charles Leclerc (Ferrari). Bien que cet écart puisse sembler important, il est en partie dû à des conditions de piste plus favorables pour Leclerc et à l’utilisation de pneus plus tendres.
Les ingénieurs de Mercedes ont observé une vitesse de pointe légèrement inférieure sur la ligne droite, notamment au début du tour. George Russell était par exemple 8 km/h plus lent que Leclerc, perdant déjà 0,2 seconde avant le premier freinage. Il a également levé le pied et ralenti à l’approche des virages 4, 11 et 14. Cela pourrait être lié à la gestion de l’énergie du groupe motopropulseur Mercedes, mais une comparaison avec la McLaren, également équipée d’un moteur Mercedes, suggère qu’une meilleure gestion de la puissance pourrait améliorer les performances.
Les longs runs ont été plus révélateurs. Bien que Mercedes n’ait pas effectué de simulation de course complète, les tours constants dans les 1 minute 36 secondes, voire 1 minute 35 secondes, sont prometteurs. Ils se situent légèrement en dessous des meilleurs temps de Ferrari, qui tournaient en 1 minute 36 et 1 minute 37. Les équipes rivales estiment que Mercedes pourrait avoir dissimulé son véritable potentiel.
L’ambiance au sein de l’équipe est à la confiance, bien que teintée d’une certaine prudence, compte tenu des difficultés rencontrées lors des saisons précédentes avec les voitures à effet de sol (2022-2025). Mercedes semble moins préoccupée qu’à ce stade des saisons précédentes.
Ferrari confirme son potentiel
Ferrari a dominé les essais à Bahreïn, avec un meilleur temps de 1 minute 31 seconde 992 signé par Charles Leclerc, devançant Lando Norris (McLaren) de 0,879 seconde. Leclerc a également réalisé un tour en 1 minute 32 seconde 297 avec des pneus C3, conservant un avantage sur McLaren.
Les données suggèrent que Ferrari excelle dans les virages rapides et lors des freinages. Lors d’une simulation de course, Leclerc a devancé Oscar Piastri (McLaren) de 5,5 secondes. Les départs de course de Ferrari ont également été remarquables, attribués à un turbocompresseur plus petit qui facilite l’obtention de la pression de suralimentation optimale au démarrage.
Frédéric Vasseur, le directeur de l’équipe, a maintenu un profil bas, évitant toute déclaration excessive. L’équipe semble concentrée sur son travail et refuse de spéculer sur ses chances réelles. Cependant, les performances observées lors des essais suscitent l’optimisme, malgré les souvenirs amers de 2022, où Ferrari avait perdu l’avantage après un début de saison prometteur.
McLaren, Red Bull et le reste du peloton
McLaren, champion en titre, a réalisé un bon volume de tours (817) mais semble légèrement en retrait par rapport à Mercedes et Ferrari. Lando Norris a rencontré des difficultés à exploiter pleinement le potentiel de sa voiture, notamment dans certains virages.
Red Bull a eu un test plus discret, se concentrant sur la gestion de l’énergie et la fiabilité de son nouveau groupe motopropulseur. Max Verstappen semble satisfait de la RB22, mais l’équipe ne s’attend pas à dominer dès le début de la saison.
Haas, Alpine et Audi se positionnent comme les meilleures équipes du milieu de peloton, avec des performances prometteuses. Haas a accumulé un kilométrage important et évité les problèmes majeurs. Alpine a bénéficié du passage aux moteurs Mercedes, tandis qu’Audi a fait des progrès significatifs avec son nouveau groupe motopropulseur.
Racing Bulls et Williams semblent avoir du retard sur les équipes de tête. Williams a connu un début de saison difficile en raison d’un retard dans la livraison de sa voiture. Aston Martin a rencontré des problèmes de fiabilité avec son nouveau groupe motopropulseur Honda, ce qui a perturbé ses essais.
Cadillac, nouvelle écurie en Formule 1, a réalisé un test encourageant malgré un manque de préparation. Valtteri Bottas a réalisé un temps de 1 minute 35 seconde 290, se situant juste derrière Williams.