Home Santé Face à l’infertilité avec une fonction thyroïdienne normale? C’est peut-être pourquoi!

Face à l’infertilité avec une fonction thyroïdienne normale? C’est peut-être pourquoi!

0 comments 76 views

Le parcours pour concevoir un enfant peut être semé d’embûches, générant stress et déception, particulièrement lorsque des problèmes de santé s’en mêlent. Pour les femmes souffrant d’hypothyroïdie, la conception est souvent plus ardue. Ce que l’on sait moins, c’est que même avec une fonction thyroïdienne apparemment normale, la conception peut s’avérer difficile, entraînant fausses couches à répétition, complications et échecs des traitements de fertilité.

Au cœur du débat, l’hormone thyréostimulante (TSH) est le marqueur le plus fréquemment utilisé pour évaluer la thyroïde. Pourtant, sa valeur « normale » fait l’objet de vives discussions depuis des années. Dès 2001, l’Association américaine des endocrinologues cliniques (AACE) soulignait dans un communiqué que « même si un niveau de TSH entre 3,0 et 5,0 UIU/ml est dans la plage normale, il doit être considéré comme suspect car il peut signaler un cas de sous-activité thyroïdienne en évolution. » Malgré cette mise en garde, les médecins peinent encore à s’accorder sur ce qui constitue une TSH « normale » et à quel seuil un trouble thyroïdien doit être traité.

Ces divergences s’expliquent en partie par les résultats d’études majeures remettant en question la fiabilité des valeurs de référence pour la TSH. Une enquête nationale américaine sur la santé et la nutrition (NHANES III) a examiné la corrélation entre la TSH et deux types d’anticorps thyroïdiens chez les femmes enceintes. Les chercheurs ont conclu que les limites supérieures de la plage de référence de la TSH pourraient avoir été mal évaluées, potentiellement dues à des facteurs de confusion. Comme nous l’avons déjà évoqué dans un article précédent, la TSH ne suffit pas à elle seule pour évaluer pleinement la fonction thyroïdienne. Un bilan thyroïdien complet, incluant d’autres analyses, est nécessaire pour une compréhension globale du statut hormonal, car les résultats de ces examens peuvent influencer la fertilité, même lorsque la TSH est dans les normes.

Le dilemme de la TSH pour les femmes en âge de concevoir

Des recherches ont voulu déterminer si une valeur de TSH située dans la partie supérieure de la plage « normale » affectait les résultats des traitements de fertilité par rapport à une fonction thyroïdienne optimale. Les conclusions sont frappantes : les femmes présentant une TSH supérieure à 2,5 mUI/L parvenaient à concevoir dans 21,6 % des cas, tandis que celles avec une TSH inférieure ou égale à 2,49 mUI/L atteignaient un taux de grossesse de 56,6 %, soit plus du double. Il est important de noter que la plage de référence usuelle pour la TSH se situe généralement entre 0,45 et 4,50 mUI/L (plus ou moins 0,5 mUI/L). Selon ces données, une TSH de 2,5 mUI/L se trouve donc dans la moyenne.

Anticorps thyroïdiens : un facteur à ne pas négliger

Outre une TSH dans la moitié supérieure de la normale, la présence d’anticorps thyroïdiens peut également avoir un impact négatif sur la fertilité. L’analyse de 11 études menées sur des femmes subissant une fécondation in vitro (FIV) et testées positives aux anticorps thyroïdiens a révélé une augmentation du risque de fausse couche chez ces patientes. Une autre étude, portant sur l’insémination intra-utérine (IIU), a semblé montrer une absence de tels problèmes, bien que des limites méthodologiques invitent à la prudence.

Une troisième étude a comparé des femmes avec et sans anticorps thyroïdiens. Les participantes ont été réparties en groupes : celles souffrant d’hypothyroïdie subclinique avérée (TSH élevée, T4 normale), celles n’en souffrant manifestement pas (TSH et T4 normales) et celles dont le statut était incertain. Chez les femmes au statut d’hypothyroïdie subclinique inconnu, le taux de conception était similaire, qu’elles aient des anticorps positifs ou négatifs. Cependant, le risque de fausse couche était accru en présence d’anticorps, tandis qu’il diminuait en leur absence.

Dans le groupe ne présentant aucune hypothyroïdie subclinique, les taux de grossesse clinique, de fausse couche et d’accouchement étaient similaires, indépendamment de la présence d’anticorps. Ces résultats suggèrent que les anticorps thyroïdiens en eux-mêmes ne sont pas la cause directe d’une aggravation des résultats de grossesse. Le risque accru semble se manifester lorsque l’auto-immunité thyroïdienne progresse au point d’entraîner une élévation de la TSH, laquelle est alors associée à des complications comme les fausses couches.

Une solution simple ? Pas nécessairement.

Face à ce constat, une approche logique consisterait à traiter les anticorps avant qu’ils n’affectent la fonction thyroïdienne, afin de préserver la fertilité. Des chercheurs ont tenté cette voie. Pour résumer la séquence des événements : les anticorps thyroïdiens mènent à une augmentation de la TSH, ce qui accroît le risque de fausses couches et autres complications de grossesse.

Dans une tentative de résoudre ce problème, un essai clinique a été mené auprès de 600 femmes présentant une fonction thyroïdienne normale mais des anticorps thyroïdiens positifs, et subissant un transfert d’embryons dans le cadre d’une FIV. Les participantes ont été divisées en deux groupes. L’un a reçu une hormone thyroïdienne synthétique (lévothyroxine) dans le but de réduire les risques associés aux anticorps positifs. À l’issue de l’étude, aucune amélioration significative n’a été observée : les femmes ayant une TSH dans la plage « normale » et testées positives pour les anticorps thyroïdiens n’ont pas obtenu de meilleurs résultats que celles qui n’ont pas reçu de lévothyroxine. Autrement dit, la lévothyroxine n’a pas permis de réduire le taux de fausse couche ni d’augmenter le taux de naissances vivantes.

Au-delà de la lévothyroxine : d’autres pistes à explorer

La déception face aux résultats de cette étude est palpable tant pour les chercheurs que pour les patientes. La recherche se tourne alors vers des approches visant à traiter directement l’auto-immunité thyroïdienne pour améliorer les issues de grossesse. Heureusement, des travaux existent sur des méthodes naturelles et non invasives pour réduire les anticorps thyroïdiens.

Par exemple, des études ont montré que la supplémentation en myo-inositol et en sélénium réduisait considérablement le risque de développer une hypothyroïdie chez les personnes dont la fonction thyroïdienne est normale mais qui présentent des anticorps thyroïdiens positifs. À la fin de ces recherches, les participants dont les niveaux de TSH étaient dans la partie supérieure de la plage de référence avant le traitement ont vu leurs valeurs diminuer. Les analyses ont révélé que cette thérapie modulait le système immunitaire, diminuant l’inflammation et les niveaux d’anticorps thyroïdiens. Le myo-inositol et le sélénium semblent ainsi aider à prévenir la progression de l’auto-immunité qui pourrait potentiellement mener à une hypothyroïdie subclinique, voire manifeste.

Facteurs influençant la thyroïde, l’auto-immunité et la fertilité

Au-delà des micronutriments comme le myo-inositol et le sélénium, de nombreux autres facteurs peuvent impacter la fonction thyroïdienne, l’auto-immunité et la fertilité, que la conception soit naturelle ou assistée. Parmi eux :

  • L’état général des apports en macronutriments et micronutriments.
  • Le contrôle de la glycémie.
  • La charge environnementale ou toxique.
  • L’équilibre des hormones reproductives.
  • D’autres formes d’auto-immunité pouvant affecter la fertilité.
  • Des prédispositions génétiques pouvant entraîner des issues de grossesse défavorables.
  • Et bien d’autres encore.

Si vous rencontrez des difficultés à concevoir et que vous souhaitez un accompagnement professionnel pour préparer votre corps à la grossesse et minimiser les risques de complications, n’hésitez pas à nous contacter.

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.