Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude menée auprès de vétérans américains révèle un lien significatif entre l’exposition à l’Agent Orange et un risque accru de mélanome acral, une forme rare de cancer de la peau. Les résultats pourraient avoir des implications importantes pour le suivi médical des anciens combattants exposés à cet herbicide pendant la guerre du Vietnam.
- L’exposition à l’Agent Orange augmente le risque de mélanome acral chez les vétérans.
- Le tabagisme actuel semble, paradoxalement, associé à un risque plus faible de ce type de cancer.
- Des antécédents de carcinome kératinocytaire et de kératose actinique sont également liés à un risque accru.
Des chercheurs ont identifié un lien statistiquement significatif entre l’exposition à l’Agent Orange et le développement du mélanome acral chez les vétérans américains. L’Agent Orange, un mélange d’herbicides utilisé intensivement par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam pour défolier les forêts, contenait de la dioxine TCDD, un composé reconnu comme cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer et le Programme national de toxicologie.
L’étude, de type cas-témoins imbriquée au sein du système de santé des Anciens Combattants (VA), a analysé les données de 1 286 personnes atteintes de mélanome acral, comparées à 5 144 personnes atteintes d’autres formes de mélanome cutané et à 5 168 personnes sans diagnostic de mélanome. Le mélanome acral se distingue des autres types de mélanome par sa localisation fréquente sur les paumes des mains, les plantes des pieds et sous les ongles, et par sa moindre association avec l’exposition aux rayons ultraviolets.
Les résultats ont révélé que les vétérans exposés à l’Agent Orange présentaient un risque 31 % plus élevé de développer un mélanome acral par rapport aux témoins atteints d’autres formes de mélanome (rapport de cotes ajusté de 1,31) et un risque 27 % plus élevé par rapport aux témoins sans mélanome (rapport de cotes ajusté de 1,27). De manière surprenante, le tabagisme actuel était associé à un risque plus faible de mélanome acral, avec des rapports de cotes ajustés de 0,65 et 0,50 respectivement par rapport aux deux groupes de contrôle.
L’étude a également mis en évidence une association entre des antécédents de carcinome kératinocytaire et de kératose actinique et un risque accru de mélanome acral, bien que ce risque soit plus faible chez les personnes déjà atteintes d’un autre type de mélanome. La présence de naevus (grains de beauté) antérieurs était également corrélée à un risque plus élevé de mélanome acral chez les personnes sans antécédents de cancer de la peau.
Les auteurs de l’étude concluent que plusieurs facteurs contribuent au développement du mélanome acral chez les anciens combattants.
« Plusieurs facteurs étaient associés au mélanome acral chez les anciens combattants. »
Auteurs de l’étude
Ils soulignent que ces résultats pourraient guider les futures évaluations des liens entre l’exposition à l’Agent Orange et le mélanome acral au sein des populations de vétérans.