Publié le 26 février 2024. Face aux difficultés croissantes du marché du vin en vrac, la cave Girondaise, fondée en 1933, va être absorbée par la coopérative des Marmandais, une décision qui permettra aux deux structures de mieux faire face aux enjeux économiques actuels.
- La cave Girondaise, basée en Gironde-sur-Dropt, cessera ses activités à la fin du mois de février.
- Les 20 adhérents de la Girondaise et leurs 10 000 hectolitres de vin rejoindront la coopérative des Marmandais, située dans le Lot-et-Garonne.
- Cette fusion permettra aux Marmandais d’atteindre un volume de production plus stable et de valoriser l’offre de la Girondaise.
L’annonce de cette fusion-absorption, signée le 23 janvier par les présidents des deux coopératives, Sébastien Laffargue pour les Marmandais et Thierry Tartas pour la Girondaise, intervient dans un contexte de crise pour les vignerons bordelais. La Girondaise, commercialisant principalement ses vins en vrac, subit de plein fouet la baisse des prix, souvent inférieurs aux coûts de production. L’arrachage de vignes et les abandons de parcelles ne font qu’aggraver la situation.
Les Marmandais, quant à eux, disposent d’un réseau commercial solide, avec 40 % de leurs ventes réalisées en grande distribution, 25 % en restauration, 25 % en vrac, 5 % à l’export et 5 % en vente directe. Cependant, la coopérative manquait de volumes pour répondre à la demande.
« Nous nous en sortons en termes de marché et de commerce, le souci se trouve au niveau des exploitations. Le volume idéal de production de la cave est de 50 000 hl. Ces dernières années nous sommes tombés à 42 000 hl »
Sandra Joffroy, directrice marketing des Marmandais
. Avec l’apport des 10 000 hectolitres de la Girondaise, la production des Marmandais atteindra 49 000 hl en 2025, se rapprochant ainsi de leur objectif.
La fusion, qui sera rétroactive au 1er septembre 2025, permettra également de relancer la marque « La Girondaise ». La coopérative des Marmandais a déposé une nouvelle étiquette, reprenant les codes esthétiques de l’Art Nouveau et des anciens spiritueux, pour commercialiser les vins de la Girondaise en AOC Bordeaux rouge et rosé. Des gammes IGP Atlantique rouge et rosé, baptisées « Bord de mer », aux étiquettes épurées et balnéaires, seront destinées à la grande distribution, tandis que la marque Oceania sera proposée aux cavistes et restaurants.
Selon Frédéric Costella, directeur général des Marmandais, cette opération répond à une conjonction d’intérêts.
« Chacun avait besoin de l’autre »
Frédéric Costella, directeur général des Marmandais
. La Girondaise cherchait à garantir une rémunération à ses adhérents, tandis que les Marmandais avaient besoin de volumes pour assurer la pérennité de leur activité. Cette fusion s’inscrit dans une tendance plus large de restructuration des outils coopératifs dans la région, face à la baisse de la consommation de vin et aux défis économiques du secteur. Les fermetures de caves coopératives se multiplient, et le regroupement des capacités apparaît comme une solution pour faire face aux enjeux actuels.
La réception de vendanges et l’activité de vinification sur le site de la Girondaise ont déjà été arrêtées pour le millésime 2025, et le site fermera définitivement ses portes.