Publié le 03.10.2025, 11 h 30. Face à une industrie automobile en pleine mutation et confrontée à des défis économiques, le gouvernement fédéral allemand cherche de nouvelles pistes pour stimuler l’adoption des véhicules électriques. Un sommet automobile doit réunir les acteurs du secteur pour tenter de trouver des solutions.
L’industrie automobile allemande traverse une période charnière avant un automne qui s’annonce décisif. Un sommet sur l’automobile, prévu le 9 octobre à la chancellerie fédérale, réunira les dirigeants des constructeurs et des équipementiers allemands, ainsi que des représentants syndicaux et des ministres-présidents. L’objectif principal de cette rencontre est de définir l’avenir du financement des voitures électriques en Allemagne.
Le chancelier fédéral Olaf Scholz et son gouvernement sont sous pression pour relancer l’économie. L’industrie automobile locale, pilier de l’économie allemande, est confrontée à une baisse des bénéfices et à des structures de coûts qui ne correspondent plus à la réalité économique actuelle. Dans ce contexte, la recherche de nouvelles incitations pour le secteur se heurte à une situation budgétaire particulièrement tendue.
Sommet automobile en octobre : de grandes attentes, des budgets serrés
Lors de ce sommet très attendu, les problématiques du secteur automobile allemand seront abordées directement avec les responsables des plus grandes entreprises du pays. Les PDG de BMW, Mercedes-Benz, Volkswagen, ainsi que ceux de grands équipementiers tels que Bosch, Continental et ZF, sont attendus. Des représentants syndicaux et des ministres-présidents devraient également participer aux discussions.
Le secteur automobile allemand subit de plein fouet la transition vers la mobilité électrique, qui progresse plus lentement que prévu. Les bénéfices ont chuté après les années fastes de la pandémie de Covid-19, et des emplois sont menacés. De plus, l’évolution des marchés clés aux États-Unis et en Chine engendre une incertitude croissante pour les constructeurs allemands.

Bonus écologique et fiscalité : quelles mesures envisagées ?
Le 27 septembre, le chancelier Friedrich Merz a rappelé la décision de l’Union européenne de 2022 visant à interdire les voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035. « Je plaide également auprès des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne pour que la Commission européenne annule cette interdiction des moteurs thermiques », a déclaré le chancelier.
Les constructeurs automobiles allemands soutiennent cette position, car les véhicules thermiques génèrent encore des revenus importants. Cependant, la promotion des voitures électriques est également cruciale. Selon l’Agence de presse allemande (dpa), l’exonération de la taxe sur les véhicules pour les voitures électriques nouvellement immatriculées pourrait être supprimée à partir de 2026.
Cette décision n’est pas encore prise. Hildegard Müller, présidente de l’Association de l’industrie automobile (VDA), a souligné que « l’exonération fiscale s’est avérée être un incitatif efficace à l’achat de véhicules électriques, mais elle ne s’appliquerait plus aux nouvelles immatriculations à compter du 1er janvier 2026 ». Elle met en garde contre des « conséquences considérables pour le développement futur de la mobilité électrique » si cette mesure venait à disparaître, tant pour les voitures particulières que pour les véhicules utilitaires.
Exonération fiscale et bonus d’achat : l’électromobilité sous les feux des projecteurs
Le ministère fédéral des Transports considère également que le maintien de l’exonération de la taxe sur les véhicules pour les voitures électriques est nécessaire pour encourager les acheteurs privés. Cependant, le ministère fédéral des Finances, par la voix de son porte-parole, a indiqué que cette mesure était en cours d’examen. La décision semble donc encore en suspens.
Le député social-démocrate (SPD) spécialisé dans les questions économiques, Sebastian Roloff, a déclaré au quotidien Handelsblatt : « Le dialogue automobile doit aboutir à des accords clairs sur ce que l’État peut faire dans le cadre de ses moyens. Il faut un engagement clair en faveur de la mobilité électrique et un soutien sur la voie de sa généralisation, par exemple par le biais des incitations à l’achat convenues dans l’accord de coalition. »
Financement des véhicules électriques en Allemagne : plus que de simples subventions ?
Il sera intéressant de voir quelles seront les nouvelles mesures annoncées par la coalition. Actuellement, l’achat de voitures électriques est principalement soutenu par des avantages fiscaux sur les voitures de société, un dispositif qui coûte plusieurs milliards d’euros par an à l’État allemand.
Compte tenu des contraintes budgétaires, il n’est pas prévu pour le moment de bonus d’achat pour les voitures électriques, ni de «location sociale» pour les ménages à faibles revenus, malgré ce qui est mentionné dans l’accord de coalition. Le député SPD Sebastian Roloff s’est cependant montré ouvert à « une extension de l’exonération de la taxe sur les véhicules ». L’objectif est de « soutenir la transition vers une mobilité respectueuse du climat et de continuer à renforcer le pôle automobile », a précisé Sepp Müller, membre du groupe parlementaire.
Financement des voitures électriques en Allemagne : il faut plus que des subventions
Thomas Peckruhn, président de l’Association centrale de l’automobile allemande (ZDK), a averti dans une déclaration à la dpa que si l’exonération fiscale venait à disparaître, ce serait « un coup dur » pour le secteur automobile allemand. Déjà aujourd’hui, une forte réticence est constatée chez les clients privés, et la situation deviendrait encore plus difficile sans cet avantage fiscal. « Mais de telles impulsions sont nécessaires pour les clients », a insisté M. Peckruhn.

Cependant, la discussion sur les nouvelles subventions ne doit pas occulter d’autres aspects cruciaux. Pour une transition réussie vers les véhicules électriques, des modèles abordables pour le grand public et une infrastructure de recharge complète sont essentiels. Parallèlement, la pression concurrentielle s’intensifie : les constructeurs asiatiques investissent le marché avec des véhicules abordables et de haute qualité, représentant un défi non seulement pour l’Allemagne, mais aussi pour les constructeurs mondiaux.