Publié le 13 février 2026. Après des mois de tensions, le géant des spiritueux Diageo a conclu un accord avec l’Ontario, évitant ainsi un boycott de son whisky Crown Royal et s’engageant à investir 23 millions de dollars dans la province.
- Diageo investira 11 millions de dollars dans l’achat de spiritueux neutres en grains provenant de l’est de l’Ontario.
- Un total de 5 millions de dollars sera alloué au marketing et à la promotion de ses produits dans la province.
- L’entreprise s’engage également à investir 3 millions de dollars dans la production de boissons prêtes à boire via un co-emballeur torontois.
La volte-face survient après que le premier ministre Doug Ford ait menacé de retirer Crown Royal des rayons de la Société des alcools de l’Ontario (SAQ) suite à l’annonce de la fermeture d’une usine d’embouteillage à Windsor, en Ontario. M. Ford avait même symboliquement versé une bouteille de Crown Royal au sol lors d’une conférence de presse, illustrant son mécontentement face à la décision de Diageo.
Ces dernières semaines, le ton du premier ministre s’était adouci, laissant entendre qu’il était ouvert à une solution négociée. Il avait exhorté Diageo à trouver d’autres moyens de soutenir l’emploi en Ontario, la fermeture de l’usine d’Amherstburg devant entraîner la perte de 200 emplois.
Dans un communiqué publié vendredi, M. Ford a salué l’engagement de Diageo, affirmant que ces investissements permettraient de maintenir des emplois, de renforcer les chaînes d’approvisionnement provinciales et de soutenir la communauté locale d’Amherstburg et de ses environs.
« En restant fermes dans notre plan visant à protéger les travailleurs de l’Ontario, nous avons obtenu près de 23 millions de dollars en investissements que l’Ontario n’aurait pas vu autrement. »
Doug Ford, premier ministre de l’Ontario
Diageo s’est également réjoui de la résolution de la situation.
« Diageo est heureux que Crown Royal, un whisky canadien emblématique, reste sur les tablettes de la LCBO, et nous restons engagés envers l’Ontario grâce à notre investissement important dans la province. »
Diageo, dans un communiqué
Cependant, l’accord n’a pas satisfait tout le monde. Lisa Gretzky, députée néo-démocrate de Windsor-Ouest, a critiqué le fait que l’investissement ne profite pas directement aux travailleurs qui perdent leur emploi.
« L’usine sera toujours fermée. Pas un sou des 23 millions de dollars ne servira à aider ces travailleurs à nourrir leurs familles, et seulement 4 pour cent de cette somme sera versée à notre communauté. »
Lisa Gretzky, députée néo-démocrate de Windsor-Ouest
La menace de boycott avait également suscité des inquiétudes dans d’autres provinces, notamment au Manitoba et au Québec, qui craignaient des répercussions sur leurs propres installations de production de Crown Royal. Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, avait publiquement appelé M. Ford à reconsidérer sa position. Il s’est dit soulagé vendredi que l’Ontario ait trouvé une solution. M. Kinew a également souligné que l’usine de Gimli, au Manitoba, semblait assurée grâce à de nouveaux investissements.
Éric Girard, ministre des Finances du Québec, a également accueilli favorablement l’accord, soulignant qu’il était bénéfique pour l’ensemble du Canada.
« Cet accord est une bonne nouvelle, pas seulement pour l’Ontario, le Manitoba et le Québec. Cela contribuera à maintenir les emplois de nos travailleurs et à renforcer notre chaîne d’approvisionnement partout au Canada. »
Éric Girard, ministre des Finances du Québec
Outre les investissements mentionnés précédemment, Diageo s’engage à consacrer 2 millions de dollars à de nouveaux emballages pour boissons prémélangées produites par un co-emballeur de l’est de Toronto, 1 million de dollars à des organisations soutenant le secteur agricole ontarien et 500 000 dollars au développement économique de la région d’Amherstburg.