Ford se tournerait vers le constructeur chinois Geely pour accélérer son développement dans le domaine des véhicules électriques et hybrides, après avoir exploré d’autres pistes comme Xiaomi et BYD. Cette collaboration pourrait permettre au groupe américain de surmonter ses difficultés financières et de renforcer sa position sur un marché en pleine mutation.
L’annonce intervient après que Ford a fait état de pertes nettes de 8,2 milliards de dollars (environ 7,6 milliards d’euros) pour l’année écoulée, en raison d’une dépréciation de 19,5 milliards de dollars (environ 18 milliards d’euros) liée à la restructuration de ses activités électriques pour 2025. Si le constructeur affirme rester déterminé dans sa transition vers l’électrique, il a également un besoin urgent de moteurs à combustion et de solutions hybrides plus rentables.
Geely se distingue de ses concurrents chinois BYD et Xiaomi en proposant une gamme complète de véhicules, à la fois électriques et à moteur thermique. En 2025, le groupe a dépassé Volkswagen pour devenir le deuxième constructeur automobile chinois, grâce à une augmentation de ses ventes dans les deux segments. Il est le seul des trois principaux constructeurs à avoir réalisé de tels succès dans les deux domaines.
Par ailleurs, Geely a créé une coentreprise avec Renault, nommée Horse, dédiée au développement de technologies pour les véhicules essence et hybrides, avec l’ambition de devenir le premier motoriste mondial. Horse a vendu plus de 2 millions de moteurs au premier semestre 2025.
Malgré les obstacles liés aux droits de douane et aux contrôles américains sur les véhicules et composants fabriqués en Chine, Jim Farley, PDG de Ford, semble disposé à explorer toutes les options. L’entreprise a déjà obtenu une licence pour la production de la technologie des batteries de CATL aux États-Unis.
Geely possède également 79 % de Volvo Cars, qui a vendu environ 120 000 véhicules aux États-Unis en 2025, ce qui en fait la seule marque automobile chinoise à enregistrer des ventes significatives sur le marché américain. Cette relation préexistante, qui remonte à 2010 lorsque Geely a racheté Volvo à Ford, pourrait constituer un avantage stratégique.
Une coopération entre Ford et Geely pourrait être mutuellement bénéfique. Ford pourrait valoriser ses capacités excédentaires, tandis que Geely pourrait accélérer sa production locale pour éviter les droits de douane. Une collaboration plus poussée pourrait permettre aux deux groupes de se positionner comme des acteurs majeurs de l’industrie automobile.