Home Sports Francisco de la Fuente, ancien directeur de la sécurité du musée Thyssen, à propos du braquage du Louvre : « Sept minutes, c’est une éternité. Cela donne le temps de les arrêter »

Francisco de la Fuente, ancien directeur de la sécurité du musée Thyssen, à propos du braquage du Louvre : « Sept minutes, c’est une éternité. Cela donne le temps de les arrêter »

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Publié le 24 octobre 2025. Le récent vol de neuf joyaux royaux au musée du Louvre suscite l’étonnement et interroge sur les défaillances des systèmes de sécurité du prestigieux établissement parisien. Des experts pointent des failles graves, remettant en cause la protection d’œuvres inestimables.

  • Neuf joyaux historiques, dont ceux de Napoléon Bonaparte, ont été dérobés au Louvre, une affaire qualifiée de « surprenante » et « incompréhensible » par les spécialistes.
  • La facilité d’accès des malfaiteurs, qui auraient utilisé des outils lourds pendant sept minutes, interroge sur l’efficacité des mesures de sécurité du musée le plus visité au monde.
  • Ces événements contrastent avec les standards de sécurité en vigueur en Espagne, jugés plus robustes grâce à une législation avancée et une formation des gardes du corps.

Le braquage spectaculaire survenu au musée du Louvre dimanche dernier, qui a vu la disparition de neuf joyaux – notamment ceux de Napoléon Bonaparte, Napoléon III et de l’impératrice Eugénie de Montijo –, a laissé de nombreux experts perplexes quant à la manière dont un tel acte a pu être perpétré. Dans une interview accordée à la radio catalane RAC 1, Francisco de la Fuente, ancien directeur de la sécurité du musée Thyssen-Bornemisza et fondateur de l’Association pour la protection du patrimoine historique (Protecturi), a qualifié l’agression de « assez surprenante » et « incompréhensible ». Il a souligné que cet événement révélait des « défaillances graves des systèmes de protection » du musée français.

« C’est assez surprenant, car ces œuvres sont très difficiles à écouler sur le marché », a expliqué De la Fuente. Selon lui, l’hypothèse d’une revente des pièces, que ce soit en refondant l’or ou en dispersant les diamants, serait « très compliquée » et nécessiterait une « très grande infrastructure ». Il estime que les diamants devraient réapparaître « très lentement et des années après » pour passer inaperçus.

L’ancien responsable de la sécurité a mis l’accent sur le fait que ce qui est le plus alarmant n’est pas tant la valeur des pièces dérobées, mais la façon dont les criminels ont réussi à pénétrer dans le musée. Il a rappelé que la sécurité repose sur quatre piliers : les mesures physiques, les mesures électroniques, les procédures opérationnelles et l’élément humain (les gardes). « Si ces quatre piliers fonctionnent bien, ils ne causeront jamais de problèmes de sécurité. Si l’un d’eux tombe, tout s’effondrera », a-t-il précisé. Dans le cas du Louvre, il analyse que « les procédures, les mesures électroniques et l’élément humain ont échoué ». « Il n’est pas compréhensible que quelqu’un arrive avec un camion, place une échelle extensible et commence par une radiale à couper », s’est-il étonné. Elise Muller, secrétaire nationale du syndicat SUD du secteur Culture, a quant à elle souligné que les effectifs de sécurité du musée avaient diminué de « 25 % en dix ans ».

Pour De la Fuente, le fait que les voleurs aient utilisé des outils lourds et pris « sept minutes pour réaliser le vol » démontre « un relâchement en matière de sécurité ». Il a ajouté : « Sept minutes, c’est une éternité ; dans une bonne organisation, cela donne le temps de les arrêter et de les mettre à la disposition de la police ». La présidente du Louvre, interrogée au Sénat français, a reconnu qu’ils n’avaient pas détecté l’arrivée des voleurs « avec un préavis suffisant ».

Interrogé sur les différences entre la sécurité des musées espagnols et celle d’autres pays, l’expert a souligné que « en Espagne, la culture de la sécurité est très importante ». Il a rappelé que le pays avait connu des problèmes avec le terrorisme, ce qui avait « forcé le développement d’une législation avancée ». Il a notamment mentionné la création en 1992 d’une loi sur la sécurité privée, faisant de l’Espagne le seul pays à en disposer à l’époque. Il a également valorisé le rôle de l’association Protecturi, qui permet aux responsables de la sécurité des musées de partager leurs expériences, leurs réussites comme leurs échecs.

De la Fuente s’est montré confiant quant à la sécurité en Espagne, affirmant qu’un vol de cette ampleur serait difficile à y réaliser. « Je connais bien le Musée du Prado et le reste des grands musées d’Espagne, et il m’est très difficile de penser que cela puisse être réalisé », a-t-il conclu. Selon lui, la différence fondamentale réside dans les procédures et la formation du personnel, ainsi que dans le fait qu’en Espagne, les gardes dépendent du directeur de la sécurité du musée et non de leur entreprise.

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