Publié le 2023-10-16 10:00:00. Malgré une opinion publique mitigée, voire négative, concernant de nouvelles mesures immobilières, les sondages placent le président et le parti au pouvoir en position favorable. Une analyse des experts pointe vers l’effet bénéfique de la hausse du marché boursier pour expliquer ce paradoxe.
Un récent sondage commandé par Gallup Korea le 15 octobre révèle une perception majoritairement défavorable des dernières dispositions gouvernementales en matière d’immobilier. Près de la moitié des personnes interrogées (44 %) jugent ces mesures « inappropriées », soit un écart de 7 points par rapport à ceux qui les estiment « appropriées ».
Contre toute attente, cette critique des politiques du logement ne se reflète pas dans les taux de popularité du président ni de son parti. La cote d’approbation de la gestion des affaires de l’État par le président atteint 56 %, en légère hausse de 2 points par rapport à la semaine précédente. De même, le Parti démocrate de Corée retrouve une popularité de 40 % après plus d’un mois.
La situation est particulièrement frappante dans la capitale, Séoul, où les restrictions immobilières sont les plus strictes. La ville enregistre le deuxième taux le plus élevé de réponses jugeant les mesures « inappropriées » (49 %). Pourtant, dans cette même région, le taux d’approbation présidentielle a connu une augmentation significative de 7 points.
Pour expliquer cette divergence, des analystes suggèrent que la forte progression de l’indice boursier KOSPI aurait compensé le mécontentement suscité par les mesures immobilières.
« L’administration de Lee Jae-myung accordait une grande importance à l’atteinte des 5 000 points sur le KOSPI. Sa progression jusqu’à un niveau record a peut-être eu un effet positif, dans une certaine mesure, sur les partisans », avance Lee Jae-mook, professeur de sciences politiques à l’Université des études étrangères de Corée.
Lee Jae-mook, professeur de sciences politiques
Un représentant de Gallup Korea tempère cependant ce constat, soulignant que si la hausse des prix de l’immobilier est une préoccupation majeure à Séoul, elle n’est pas encore perçue comme un problème national généralisé.
Malgré les critiques, le président Lee Jae-myung a réaffirmé son intention de maintenir les mesures annoncées.
« Les prix de l’immobilier dans la zone métropolitaine sont parmi les plus élevés par rapport aux revenus, et si ce problème n’est pas résolu, nous connaîtrons 30 années perdues, comme au Japon. Ce problème doit être résolu. »
Lee Jae-myung, Président (lors d’une réunion publique intitulée ‘Écouter le cœur de Daegu’)
Un responsable du cabinet présidentiel a indiqué qu’il fallait « observer les effets des mesures immobilières pendant environ 3 à 4 semaines » et a assuré que le gouvernement « procéderait sans hésitation ».