Publié le 19 février 2026. Les tensions s’exacerbent au Moyen-Orient alors que les États-Unis envisagent une intervention militaire de grande envergure contre l’Iran, une option qui pourrait se concrétiser dès ce week-end, selon des sources américaines.
- Les États-Unis ont déployé une force aérienne importante dans la région, la plus importante depuis la guerre en Irak en 2003.
- Des négociations nucléaires avec l’Iran sont en cours, mais sans résultats probants.
- L’Iran se prépare également à un éventuel conflit en renforçant ses installations et en organisant des exercices militaires.
Washington semble de plus en plus déterminé à répondre aux actions de l’Iran, jugées déstabilisatrices pour la région. Le média américain Axios a révélé que la situation est plus préoccupante qu’il n’y paraît pour la plupart des Américains, évoquant une probabilité de 90 % d’un conflit armé dans les prochaines semaines. Selon Axios, une éventuelle frappe américaine ne serait pas une opération limitée, mais plutôt une campagne militaire d’envergure, s’étendant sur plusieurs semaines.
Plusieurs sources citées par CNN confirment que l’armée américaine a préparé un plan d’action et qu’un rapport a été transmis à la Maison Blanche autorisant une frappe dès ce week-end. Bien que le président Trump n’ait pas encore donné son feu vert définitif, la secrétaire de presse de la Maison Blanche, Caroline Levitt, a souligné que « la diplomatie reste la première option », tout en reconnaissant que des options militaires sont sur la table.
Le déploiement militaire américain est massif. Outre le groupe d’attaque du porte-avions Abraham Lincoln, des centaines d’avions de combat, dont des F-35 et des F-22, ont été acheminés vers la région. Le porte-avions Gerald Ford, en provenance des Caraïbes, devrait également rejoindre la zone dans les prochains jours. Le Wall Street Journal a souligné que cette concentration de forces aériennes est comparable à celle observée lors de l’« Opération Iraqi Freedom » en 2003.
Les négociations récentes à Genève, en Suisse, entre les États-Unis et l’Iran, qui ont duré plus de trois heures, n’ont pas permis de résoudre les divergences. Les deux parties ont reconnu « certains progrès », mais leurs positions restent éloignées concernant l’inclusion de questions telles que les restrictions sur les missiles balistiques et le soutien aux groupes armés dans la région. Un haut responsable américain a qualifié ces discussions de « tape-à-l’œil et sans substance ».
L’Iran, de son côté, se prépare également à un éventuel conflit. Le Wall Street Journal rapporte que le pays a renforcé la protection de ses installations nucléaires et mis en place un plan de dispersion de son système de commandement. Des exercices militaires à grande échelle ont également été organisés dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole, où une partie du détroit a été fermée pour la première fois depuis les années 1980. Des exercices navals conjoints avec la Russie sont prévus le 19 février.
Par ailleurs, le président Trump a, via sa plateforme TruthSocial, exhorté le Royaume-Uni à ne pas céder l’île Diego Garcia, située dans l’océan Indien, dans le cadre du retour de la souveraineté sur les îles Chagos. Cette base, stratégique pour les opérations militaires en Afrique de l’Est et au Moyen-Orient, pourrait servir de point de départ en cas d’échec des négociations avec l’Iran.
Washington/correspondant Kim Won-cheol, journaliste Kim Ji-hoon wonchul@hani.co.kr