Publié le 2025-10-31 16:44:00. Un homme de 34 ans comparaît devant la justice de Francfort pour fraude, après avoir perçu un prêt de 450 000 euros destiné aux entreprises affectées par la pandémie de Covid-19. Les enquêteurs s’interrogent sur l’usage réel de ces fonds, d’autant que le prévenu a récemment organisé une fastueuse cérémonie de mariage.
- Le prévenu, Semir K., est accusé d’avoir frauduleusement obtenu un prêt « coup de pouce Covid » de 450 000 euros.
- L’origine de fonds a notamment été mise en lumière par la diffusion d’une vidéo de mariage somptueuse.
- Le montant exact détourné et son utilisation restent flous, malgré les affirmations du prévenu.
C’est une scène émouvante qui s’est déroulée vendredi au tribunal de grande instance de Francfort : une toute jeune fille, âgée d’un an, a fait une brève apparition dans la salle d’audience. Elle retrouvait son père, Semir K., 34 ans, détenu depuis le mois d’avril dernier. L’homme comparaît depuis ce vendredi devant la 28ème chambre correctionnelle pour des faits d’escroquerie et de fraude à des subventions.
L’affaire prend sa source le 11 janvier 2021, lorsque Semir K., en tant que gérant d’une entreprise basée à Mannheim, dépose une demande de prêt « coup de pouce Covid » auprès de la KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), un établissement de crédit public. La somme réclamée s’élève à 450 000 euros. La demande, transmise via la Sparkasse, reçoit une réponse positive le jour même. Neuf jours plus tard, les fonds sont débloqués. L’objectif déclaré ? « Investissements généraux ».
« L’accusé avait l’intention dès le départ d’utiliser l’argent à ses propres fins », a déclaré le procureur Konstantin Kochsiek. Une affirmation que le prévenu réfute catégoriquement.
Un mariage sous haute surveillance
Les enquêteurs ont notamment attiré leur attention sur une vidéo de mariage de six heures, diffusée sur internet, qui met en scène les noces fastueuses de Semir K. et de sa femme Senija, célébrées le 8 janvier 2024. Selon des informations de la presse locale, les forces de l’ordre auraient épluché ce long enregistrement pour y trouver d’éventuels indices. Semir K. a cependant déclaré, par la voix de son avocat, que ce mariage n’avait pas été financé par les fonds du prêt KfW. La destination exacte de l’argent détourné demeure, à ce stade, incertaine. La police judiciaire soupçonne toutefois que le prévenu détiendrait encore une partie des fonds.
À la barre, Semir K. a assuré que l’argent avait bien été investi dans son entreprise. Il a notamment mentionné l’achat d’un utilitaire Volkswagen pour 14 200 euros, destiné au transport du personnel vers des chantiers. Interrogé par la juge sur la nature de ces chantiers et les contrats en cours à cette période, le prévenu a dit ne plus s’en souvenir. Il a finalement concédé s’être versé une somme comprise entre 40 000 et 45 000 euros.