Home Divertissement Gangsterism review – dense, high-minded cine-manifesto on the notion of auteurism | Movies

Gangsterism review – dense, high-minded cine-manifesto on the notion of auteurism | Movies

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Le réalisateur canadien Isiah Medina propose une œuvre délibérément déstabilisante, une réflexion sur les défis de la création cinématographique au XXIe siècle, projetée à l’ICA de Londres à partir du 20 février. Son dernier film, dense et conceptuel, interroge la place de l’auteur dans un paysage dominé par les hiérarchies de pouvoir et les contraintes économiques.

Au cœur du récit, Clem, interprété par Mark Bacolcol, est un cinéaste en quête de financement pour son prochain projet. Il est entouré d’une équipe confrontée aux mêmes obstacles structurels : Nico (Jonalyn Aguilar) et March (Charlotte Zhang). Son compagnon, Ez (Kalil Haddad), un idéologue inflexible, l’encourage avec une formule provocatrice : « Soyez fier : quelle que soit votre origine, la plupart des gens n’aiment pas votre travail. »

Le film se distingue par une esthétique radicale, où les conversations basculent entre différents points de vue, évoquant le cubisme, et s’entremêlent avec des scènes adjacentes ou des rêveries. Medina explore ainsi une nouvelle grammaire visuelle, cherchant à déconstruire les perspectives dominantes. Clem, confronté à la fuite de ses films, possiblement orchestrée par un critique acerbe (Erik Berg), semble apprécier cette transgression. Il confie d’ailleurs : « J’ai toujours pensé que si vous n’avez jamais ressenti le désir de détruire vos livres, c’est que vous ne les avez jamais vraiment lus. »

L’œuvre est parsemée d’éclairs d’auto-conscience. Clem se questionne sur l’humanité de ses personnages : « J’ai découvert que la façon dont mes personnages parlent n’est pas humaine. Pourquoi avons-nous peur d’apparaître inhumains ? » Une interrogation qui ne semble pas perturber Medina, dont le portrait, vraisemblablement auto-référentiel, oscille entre l’ironie et la provocation.

L’univers visuel du film est également frappant. Le bureau du personnage principal est orné d’un collage juxtaposant la Révolution culturelle chinoise et le titre du livre d’Armond White, Make Spielberg Great Again (2020). Un clin d’œil qui suggère que Clem ne mise pas sur un sauveur providentiel.

Loin de se limiter à une simple satire ou à une introspection psychologique, le film se présente comme un manifeste cinématographique exigeant, qui invite à la fois à la réflexion et à l’exaspération. Medina semble vouloir actualiser le rêve du cinéma du XXe siècle, en le réinventant à l’ère du numérique.

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