La livre sterling a reculé face au dollar, atteignant 1,35, alors que les investisseurs se concentrent sur les résultats d’une élection partielle cruciale au Royaume-Uni. Un revers pour le Parti travailliste pourrait remettre en question le leadership de Keir Starmer, à un moment où les marchés anticipent également une possible baisse des taux d’intérêt.
L’élection partielle d’aujourd’hui dans la circonscription de Gorton et Denton, déclenchée par la démission d’Andrew Gwynne, ancien député travailliste, est scrutée de près. Les sondages récents indiquent une course serrée entre les travaillistes et les Verts, les premiers conservant une légère avance. Une troisième place pour le Parti travailliste dans ce bastion traditionnellement acquis pourrait affaiblir considérablement la position de Starmer et de sa colégue, la chancelière Rachel Reeves.
Bien que l’histoire ne connaisse pas de précédent de démission d’un Premier ministre suite à un mauvais résultat d’une élection partielle, une telle issue pourrait créer des tensions internes au sein du parti, surtout à l’approche des élections locales et régionales en Écosse, au Pays de Galles et en Angleterre. À ce stade, un renversement de Starmer semble peu probable.
Par ailleurs, les marchés financiers s’attendent de plus en plus à une baisse des taux d’intérêt de la Banque d’Angleterre. Cette anticipation fait suite à des données sur l’emploi plus faibles, à un ralentissement de l’inflation et aux récentes déclarations du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, devant le comité spécial du Trésor, où il a adopté un ton plus conciliant.
La livre sterling subit également une pression supplémentaire en raison de l’incertitude entourant la politique tarifaire et des inquiétudes concernant l’indépendance de la Réserve fédérale américaine. Les droits de douane de 10 % (environ 15 milliards d’euros) imposés par la Fed sont entrés en vigueur mardi, après l’annulation par la Cour suprême américaine de la plupart des tarifs réciproques instaurés par l’administration Trump. Les investisseurs craignent une augmentation de ces droits de douane à 15 %.
Sur le front boursier, le FTSE 100 oscille autour de niveaux records, affichant une performance déconnectée des difficultés politiques britanniques grâce à sa vocation internationale. L’indice a bondi de plus de 1,1 % la veille, porté par une forte hausse de HSBC (8 %) et des gains dans le secteur minier. Cependant, HSBC a connu une baisse de 2 % et les sociétés minières d’environ 3 % ce jour, suite à la baisse des prix des métaux.
Rolls-Royce a également attiré l’attention, son action progressant de 7 % après avoir dépassé les attentes et annoncé un nouveau programme de rachat d’actions. Depuis le début de l’année, le FTSE 100 a augmenté de 8 %, surpassant le S&P 500 (qui n’a progressé que de 1,2 %). Les investisseurs semblent privilégier les actions de valeur et cycliques, ainsi qu’une diversification géographique au détriment des États-Unis, dans un contexte d’incertitude politique liée à l’administration Trump.
Techniquement, le FTSE 100 a suivi une tendance haussière depuis avril, atteignant un niveau record de 10 830 points. L’indice est actuellement en territoire de surachat, ce qui pourrait entraîner une période de consolidation ou une légère correction. Les acheteurs pourraient viser les 11 000 points, tandis que des niveaux de support se situent à 10 650 et autour de 10 500 points.