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Gibran aussi et encore : « Vingt dessins » (1 sur 2)

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Publié le 2025-11-01 08:48:00. Une nouvelle traduction en anglais de l’ouvrage « Twenty Drawings » de Gibran Khalil Gibran, initialement publié en 1919, vient de paraître aux États-Unis. Cet événement éditorial met en lumière le regard critique d’Alice Raphael sur l’œuvre picturale du poète libanais, offrant une nouvelle perspective sur son héritage artistique.

  • Publication aux États-Unis d’une traduction inédite en anglais de « Twenty Drawings » de Gibran Khalil Gibran.
  • L’ouvrage inclut une critique d’Alice Raphael et des reproductions des vingt dessins de l’artiste.
  • La démarche vise à valoriser la dimension picturale de Gibran, souvent moins explorée que son œuvre littéraire.

La mémoire de Gibran Khalil Gibran, décédé le 10 avril 1931 à New York, continue de s’incarner à travers de nouvelles publications et études. L’initiative de Zahi Rustom, qui signe la traduction et l’édition de « Twenty Drawings » par Khayyat Publications à Washington, s’inscrit dans cette dynamique de réactualisation de l’œuvre de l’écrivain et artiste syrien.

Cet ouvrage, d’environ 90 pages, rend hommage à Gibran en présentant ses vingt dessins, accompagnés de leurs titres. Il met également en avant le rôle d’Alice Raphael, critique et traductrice américaine, dont l’analyse approfondie de l’œuvre picturale de Gibran est ici reproduite. Zahi Rustom a pris soin de dédier la première partie du livre à fournir un éclairage contextuel nécessaire à la compréhension de cet univers artistique.

Alice Raphael (1887-1975), chercheuse et traductrice germano-américaine, a eu une carrière riche. Après des études de musique en Allemagne et de psychanalyse auprès de Carl Jung à Zurich, elle s’est initiée aux principes du dessin à Washington, Connecticut. Elle est notamment l’auteure de la traduction en anglais du « Faust » de Goethe. C’est à New York qu’elle rencontre Gibran, qui réalise son portrait au fusain. Selon Joseph Geagea, directeur du Musée Gibran à Bcharré, ce dessin pourrait être conservé au « Musée Somayeh » au Mexique, faisant partie des archives léguées par la sœur de Gibran, Mariana, puis gérées par le sculpteur Khalil Gibran et finalement acquises par Carlos Slim.

La motivation de Zahi Rustom pour cette entreprise est explicitement énoncée : « Gibran a rendu justice à l’artiste — ou au peintre, comme on l’appelait à l’époque — dans le monde arabe, tout comme les publications anglaises lui ont rendu justice en Amérique, et tout comme les publications arabes lui ont rendu justice du point de vue littéraire. Cela profitera aux érudits et aux chercheurs en mettant en lumière le talent artistique de Gibran en tant que peintre et son influence sur l’art américain. » Cette démarche vise à rééquilibrer la perception de Gibran, dont l’œuvre littéraire a souvent éclipsé son talent de peintre, bien que des publications comme celle de Wahib Kayrouz, « Le monde de Gibran le peintre » (1982), aient déjà exploré cette facette.

L’édition de « Twenty Drawings » semble avoir été pensée en parallèle d’une exposition qui célébrait la multidisciplinarité de Gibran. Zahi Rustom décrit cet événement comme une « manifestation culturelle triangulaire » combinant peinture, poésie et musique. L’exposition, tenue à l’apogée du mouvement expressionniste new-yorkais, a mis en lumière l’approche unique de Gibran, mêlant mysticisme oriental et modernité occidentale.

Le travail de Zahi Rustom retrace le parcours artistique de Gibran, depuis ses débuts à Bcharré et à Boston, jusqu’à ses études à Paris et ses contributions à des projets artistiques majeurs comme le magazine « Seven Arts ». L’ouvrage détaille également des aspects plus personnels, comme son appartement au « Silo de Gibran » à Manhattan.

Parmi les contributions notables de Zahi Rustom figure la republication d’un article sur l’une des expositions de Gibran, initialement paru dans la revue « Al-Funoun » en mars 1917. Ces introductions documentées, occupant 36 pages de l’ouvrage, témoignent de la rigueur de la recherche menée par Zahi Rustom avant de laisser la place à la critique d’Alice Raphael.

La seconde partie de l’ouvrage présente la traduction par Zahi Rustom de l’article critique d’Alice Raphael sur « Les Vingt Dessins » de Gibran, offrant ainsi une analyse approfondie et accessible de cette dimension souvent méconnue de l’œuvre de l’artiste.

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