Le film d’animation Goat, qui sort en salles actuellement, propose un univers peuplé d’animaux anthropomorphes, un thème récurrent dans le cinéma d’animation. Son arrivée en salles coïncide avec le succès continu de Zootopie 2, mais se distingue également par son originalité dans un paysage déjà marqué par les films Space Jam.
L’histoire suit Will Harris (voix de Caleb McLaughlin, connu pour son rôle dans Stranger Things), un jeune bouc passionné de « roarball » – l’équivalent du basketball dans cet univers – qui rêve de devenir joueur professionnel. Malgré sa petite taille, un handicap apparent dans ce sport, Will attire l’attention grâce à des vidéos virales le montrant en action contre Mane Attraction (interprété par Aaron Pierre), un cheval professionnel. Il intègre alors l’équipe locale, les Thorns, mais son recrutement s’avère être avant tout une opération de communication orchestrée par Flo (Jenifer Lewis), la propriétaire de l’équipe, qui ne compte pas réellement sur lui pour jouer.
Le scénario de Goat emprunte des chemins balisés : Will aura-t-il l’occasion de prouver sa valeur sur le terrain ? Réussira-t-il à gagner la confiance des fans et à s’intégrer à une équipe aux personnalités fortes ? Bien que le film ne prenne pas de risques narratifs majeurs, il séduit par son humour, sa tendresse et la qualité de son écriture, signée Aaron Buchsbaum et Teddy Riley à partir d’une histoire de Nicolas Curcio et Peter Chiarelli, sous la direction de Tyree Dillihay.
Le personnage de Jett Fillmore (voix de Gabrielle Union), capitaine des Thorns et légende du roarball, apporte une profondeur supplémentaire à l’intrigue. Confrontée à l’âge et aux critiques, elle noue une relation complexe avec Will, passant de l’indifférence à l’affection. Leur interaction est l’une des forces du film, offrant des moments d’émotion et de complicité.
Cependant, c’est l’animation qui constitue le véritable atout de Goat. Sony Pictures Animation, déjà saluée pour des œuvres telles que Spider-Man: Into the Spider-Verse, Les Mitchell contre les machines et KPop Demon Hunters, signe une nouvelle fois un travail visuel impressionnant. L’univers de Vineland, où vivent Will et ses amis, est riche en détails et en originalité. L’architecture y est intimement liée à la nature, avec des branches et des feuilles qui s’entrelacent avec les bâtiments, créant un environnement unique et vibrant.
Les terrains de roarball sont également imaginatifs et spectaculaires. Chaque arène présente des défis spécifiques, allant des stalagmites acérées aux plaques de glace instables, en passant par un sol volcanique en fusion. Ces décors dangereux et dynamiques contribuent à l’intensité des matchs et à l’immersion du spectateur.
Le film explore également l’aspect animal des personnages, en leur conservant des comportements instinctifs. Jett boit dans une gamelle comme un chat, tandis qu’Olivia (voix de Nicola Coughlan), une autruche, a tendance à enfouir sa tête dans le sable lorsqu’elle est stressée. Ces touches d’humour visuel renforcent le charme du film.
Outre Caleb McLaughlin et Gabrielle Union, le casting vocal est complété par David Harbour (Archie Everhardt, un rhinocéros), Nick Kroll (Modo Olachenko, un dragon de Komodo) et Patton Oswalt (Dennis Cooper, un singe nasique), qui incarnent les coéquipiers de Will avec brio. Une mention spéciale est à faire à Stephen Curry, producteur du film et voix du joueur de l’équipe, Lenny Williamson, dont le personnage, paradoxalement, ne se distingue pas particulièrement par son humour ou son expressivité.