Une nouvelle version doublée en italien de JoJo’s Bizarre Adventure: Golden Wind, disponible sur Netflix, fait sensation sur les réseaux sociaux, non pas pour sa fidélité, mais pour son audace à intégrer des expressions et un dialecte napolitain coloré, voire vulgaire, qui n’existent pas dans l’œuvre originale.
Le doublage, dirigé par Mosè Singh, a pris des libertés créatives considérables, allant au-delà de la simple traduction. Les dialogues ont été enrichis de références à la culture internet italienne et, surtout, parsemés d’expressions napolitaines. Un personnage, Abbacchio, lance à un autre, Giorno, un « facc e cazz » (littéralement « visage et bite »), tandis que Giorno décrit un poisson piranha créé grâce à son pouvoir comme un « nu bellu pesc » (« un beau poisson »), une expression argotique désignant un pénis. Ces tournures, totalement absentes de la version originale japonaise, ont suscité l’amusement, mais aussi la surprise des fans.
Golden Wind se déroule en Italie, pays que l’auteur du manga, Hiroiko Araki, affectionne particulièrement. Les protagonistes sont italiens, dont beaucoup sont originaires de Naples. L’équipe de doublage a donc estimé qu’ajouter du dialecte napolitain renforcerait le réalisme. Cependant, cette approche a conduit à des ajouts de dialogues entiers et à une profusion de jurons, absents de la version japonaise, mais souvent associés à l’usage des dialectes régionaux en Italie.
Contre toute attente, le public italien semble adorer ce doublage décalé. Des extraits sont largement partagés sur les réseaux sociaux, accompagnés de commentaires élogieux. Cette réaction surprend d’autant plus qu’un doublage aussi libre aurait pu provoquer une levée de boucliers, comme ce fut le cas avec le doublage anglais controversé de Ghost Stories.
L’humour subtil d’Araki, déjà présent dans les expressions faciales de Joseph Joestar ou les poses exagérées de Jotaro, est poussé à l’extrême dans Golden Wind. L’ajout de dialogues inattendus et de tournures napolitaines ne semble donc pas si incongru, au regard de l’esprit décalé de la série.
Néanmoins, cette liberté d’interprétation soulève la question de la fidélité à l’œuvre originale. Si ce doublage peut être apprécié par ceux qui connaissent déjà le manga et l’anime en version originale, il pourrait influencer, voire déformer, la perception de l’œuvre pour ceux qui le découvrent à travers cette version. Comme l’illustre l’exemple du doublage de Dragon Ball, où une scène iconique a été transformée en une parodie western, l’interprétation peut radicalement changer l’impact d’une œuvre.
L’auteur souligne que le doublage de Golden Wind n’est pas comparable aux erreurs du passé. Il s’agit d’une création artistique consciente, réalisée par des passionnés qui ont cherché à proposer une interprétation unique. Il regrette cependant le manque d’authenticité dans le choix des comédiens : Matteo Garofalo, qui prête sa voix à Giorno, est sarde, tandis qu’Andrea Oldani, qui double Bucciarati, est milanais. Cette incohérence dans l’utilisation du dialecte napolitain ajoute une touche d’humour, mais soulève des questions de respect culturel.
Garofalo a tenté de justifier ce choix sur TikTok, en évoquant l’exemple de la prononciation erronée du nom du Stand de Dio Brando dans Stardust Crusaders, devenue emblématique. Cependant, cet argument ne convainc pas l’auteur, qui s’inquiète également de l’utilisation excessive de jurons, susceptibles de renforcer des stéréotypes négatifs sur les habitants du sud de l’Italie.
En conclusion, l’auteur apprécie cette version italienne de Golden Wind, qui lui offre une nouvelle raison de redécouvrir la série. Il souligne que la liberté artistique dans le doublage n’est pas forcément une mauvaise chose, mais espère que les prochains projets accorderont davantage d’importance à l’authenticité linguistique et culturelle.