Goldman Sachs revoit sa politique de recrutement pour son conseil d’administration, marquant un tournant potentiel dans l’application des principes de diversité, équité et inclusion (DEI). Cette décision intervient dans un contexte de remise en question croissante de ces politiques, notamment sous l’impulsion de l’administration américaine actuelle.
La banque d’investissement envisage de supprimer les critères liés à la DEI dans les qualifications requises pour les membres de son conseil d’administration, selon des informations rapportées par le Wall Street Journal lundi 13 mai 2024. L’entreprise avait déjà abandonné l’exigence de diversité au sein des conseils d’administration des sociétés qu’elle accompagnait en bourse l’année précédente.
À l’avenir, le comité de nomination du conseil d’administration évaluera les candidats sur la base de quatre critères principaux : leurs perspectives, leur expérience professionnelle, leurs antécédents et leur service militaire. Une section mentionnant « d’autres données démographiques » – incluant la race, l’identité de genre, l’origine ethnique et l’orientation sexuelle – sera également supprimée, selon le journal américain.
Ce changement de cap fait suite à une demande formulée en septembre 2023 par le National Legal and Policy Center (NLPC), une organisation conservatrice détenant une participation minoritaire dans la banque. Goldman Sachs aurait conclu un accord avec le NLPC pour procéder à cette modification de son propre chef, évitant ainsi une proposition formelle soumise aux actionnaires lors de l’assemblée générale annuelle prévue plus tard cette année.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des politiques DEI, amplifié par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Dès son premier jour en fonction, le président Trump a signé un décret visant à « mettre fin aux programmes et préférences gouvernementaux radicaux et inutiles du DEI », ordonnant aux agences fédérales d’éliminer ces programmes à travers l’ensemble de l’administration fédérale. Un second décret a suivi, axé sur le « rétablissement des opportunités fondées sur le mérite ».
« Nous avons mis fin à la tyrannie des soi-disant politiques de diversité, d’équité et d’inclusion dans l’ensemble du gouvernement fédéral, ainsi que dans le secteur privé et notre armée. Et notre pays ne sera plus réveillé », a déclaré Donald Trump en mars 2024.
L’administration Trump a également ciblé les initiatives DEI dans les universités américaines, notamment Columbia et Harvard, en menaçant de revoir les accords de financement. Harvard a été particulièrement visée dans le cadre des efforts de l’administration pour lutter contre l’antisémitisme et l’idéologie dite « woke ».
En décembre 2023, les avocats de l’administration Trump ont fait appel d’une décision de justice visant à rétablir 2,7 milliards de dollars de financement fédéral gelé pour la recherche à l’Université Harvard. Harvard a quant à elle intenté une action en justice contre l’administration en avril 2024, arguant que ces actions constituaient une « campagne de pression » inconstitutionnelle visant à influencer et contrôler les institutions universitaires.