Publié le 12 octobre 2025. Dans un contexte de réorganisation stratégique axée sur l’intelligence artificielle, Google, sous la houlette de son PDG Sundar Pichai, procède à des ajustements significatifs au sein de ses effectifs et de ses politiques de travail.
- Google a annoncé des réductions d’effectifs ciblées, visant à optimiser son organisation et à accroître son efficacité opérationnelle.
- Parallèlement, l’entreprise durcit ses règles concernant le télétravail, en limitant davantage la flexibilité du programme « Work from Anywhere » (WFA).
- Ces changements s’inscrivent dans une tendance plus large observée chez les géants de la tech, qui réévaluent leurs politiques de travail à distance.
Au cours des derniers mois, le géant de la technologie a multiplié les investissements dans l’intelligence artificielle, suivant ainsi la stratégie de ses concurrents. Cette réorientation s’accompagne de mesures de restructuration interne. Des licenciements ont touché plusieurs départements : en février, des employés du secteur cloud et des ressources humaines ont été concernés ; en avril, des centaines de postes ont été supprimés au sein de l’unité plateformes et appareils, responsable de produits phares tels qu’Android, Pixel et Chrome. Plus radical encore, Google a réduit ses effectifs managériaux de 35 % en août, touchant notamment les cadres dirigeant de petites équipes. En septembre, plus de 200 travailleurs contractuels, impliqués dans le développement des produits d’IA, ont également été licenciés.
Outre ces suppressions de postes, Google révise ses politiques de travail à distance. Après avoir initialement averti les employés travaillant à distance de la nécessité de revenir au bureau au moins trois jours par semaine, l’entreprise a décidé de resserrer les contraintes de son programme « Work from Anywhere » (WFA). Ce dispositif, mis en place en 2020 pour permettre aux salariés de travailler depuis l’extérieur du bureau (hors domicile) durant quatre semaines par an, voit désormais chaque jour d’utilisation décompté comme une semaine complète.
« La politique a toujours été conçue pour être appliquée par tranches d’une semaine et ne pas être utilisée comme substitut au travail à domicile dans le cadre d’une semaine de travail hybride régulière », a expliqué John Casey, vice-président des performances et des récompenses chez Google, lors d’une réunion interne. Le document interne précisant cette nouvelle règle indique également que les employés ne sont plus autorisés à travailler depuis un bureau Google situé dans un État ou un pays différent de leur lieu de résidence habituel, en raison des « implications juridiques et financières du travail transfrontalier ».
Ces nouvelles directives, envoyées aux employés durant l’été, excluent cependant les travailleurs des centres de données et ceux dont la présence au bureau est requise. Le document souligne également que tout manquement à ces règles pourrait entraîner des mesures disciplinaires, voire un licenciement.
Google rejoint ainsi d’autres entreprises technologiques majeures, telles qu’Amazon, Samsung, Dell et Intel, qui ont récemment revu leurs politiques de télétravail à la baisse, certaines exigeant un retour au bureau à temps plein. Malgré cette tendance, les données montrent que la fréquentation des bureaux aux États-Unis reste inférieure aux niveaux d’avant la pandémie. En août, les visites dans les bureaux à l’échelle nationale ont diminué de 34,3 % par rapport à la même période en 2019, selon des données récentes de Placer.ai.
Parallèlement, de nombreux employés expriment leur attachement au travail flexible. Une enquête de ResumeBuilder.com révèle que 68 % des travailleurs estiment que leur productivité s’améliorerait avec plus de liberté dans le choix de leurs jours de présence au bureau. De plus, 53 % indiquent qu’ils quitteraient leur entreprise si celle-ci imposait un retour strict à une présence physique quotidienne. « Pour de nombreux employés, le travail à distance est devenu une partie non négociable de leur vie professionnelle », a commenté Stacie Haller, conseillère en chef de carrière chez Resume Builder. « Les employeurs doivent savoir que les demandeurs d’emploi d’aujourd’hui ont encore des options s’ils envisagent le travail à distance. »