Une nageuse d’exception a récemment relevé un défi colossal pour sensibiliser à la protection des milieux aquatiques : traverser les trois plus grands lacs du Royaume-Uni, Loch Lomond, Windermere et Llyn Tegid, en moins de 24 heures. Un exploit jamais réalisé auparavant, qui a non seulement mis ses limites à l’épreuve, mais a aussi permis de collecter des fonds pour une cause environnementale chère à son cœur.
L’inspiration, elle l’a trouvée l’année dernière, lors de la cérémonie des BBC Green Sport Awards, où elle a eu l’honneur de remettre le trophée de l’athlète de l’année à Imogen Grant. Cet événement lui a donné envie de « passer à la vitesse supérieure », d’amplifier son message et de mobiliser davantage pour promouvoir la durabilité intrinsèque à son sport, la nage en eau libre.
Le défi ? Réaliser la traversée des trois plus grands plans d’eau du Royaume-Uni : le Loch Lomond, le lac Windermere et le Llyn Tegid (lac de Bala), le tout en un temps record de 24 heures. Un parcours total de 55 kilomètres (environ 34 miles), représentant la plus longue distance nagée de sa carrière.
Le départ a été donné à minuit, au cœur du plus vaste d’entre eux, le Loch Lomond. Une première expérience de nage nocturne qui s’annonçait intimidante, d’autant que le Loch Lomond est réputé pour être l’un des plus sombres au monde. « C’est comme si on fixait un trou noir gigantesque », confie la nageuse, décrivant la profondeur vertigineuse et l’appréhension ressentie. « C’est effrayant, et rien ne pouvait vraiment me préparer à cela. » La première étape fut brutale : des eaux à 14 degrés Celsius, près de huit heures d’exposition au froid, tant dans l’eau que dans l’air ambiant.
Malgré la rudesse des conditions, la nageuse a réussi à battre le record de traversée de ce loch. Une fois la première partie achevée, elle s’est imaginée entamer la descente, comme après avoir atteint le sommet d’une montagne. Mais la réalité fut tout autre. Épuisée, manquant cruellement de sommeil et frustrée, elle a tenté de se réalimenter après avoir brûlé quelque 7 000 calories. Tellement exténuée qu’elle s’est endormie, renversant ses pâtes sur elle. « Ce fut probablement le moment le plus difficile », se souvient-elle. Se réveiller couverte de pâtes, demander à son père combien de temps il restait avant Windermere, pour apprendre qu’il ne restait que vingt minutes et qu’elle n’avait eu l’impression de ne faire qu’une pause de cinq minutes.
Ses avant-bras étaient complètement gonflés, mais son esprit de compétition l’a poussée à aller au bout. Elle a déclaré : « Heureusement que le lac de Bala était le plus petit, car je ne pense pas que j’aurais pu supporter beaucoup plus. »
À l’arrivée, l’émotion était palpable avec la présence nombreuse de personnes venues l’encourager. Au-delà de la satisfaction de l’exploit accompli, la pensée de retrouver son lit après cette éprouvante aventure était un moteur puissant. Les fonds récoltés lors de ce défi sont reversés à Surfers Against Sewage, une organisation britannique qui milite pour des océans, des lacs et des rivières plus propres. L’association s’est avérée d’un soutien précieux tout au long de la préparation et le jour J, créant des liens d’amitié sincères.