Publié le 8 octobre 2025 à 18h00. Les vastes parcs de chars russes, constitués en grande partie de véhicules datant de l’ère soviétique, montrent des signes d’épuisement avancés, avec des effectifs réduits et une grande partie des engins en état de délabrement avancé, selon des analyses de données ouvertes.
- La diminution des effectifs de chars russes en Ukraine s’est accélérée au cours des trois à quatre derniers mois.
- Plus de la moitié des réservoirs de combat de la Russie, soit environ 65 % depuis le début de l’invasion, ont été consommés.
- De nombreux véhicules anciens sont considérés comme hors d’usage ou servent de pièces de rechange.
Les réserves de chars de combat de la Russie auraient considérablement diminué ces derniers mois. D’après les estimations d’un analyste spécialisé dans les données ouvertes, le nombre de ces véhicules serait passé d’environ 3 100 à quelque 2 500 au cours des trois à quatre derniers mois. Ce déclin représente une réduction d’environ 65 % des stocks depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Cet analyste, connu sous le pseudonyme de « Jompy », fonde ses recherches sur l’analyse d’images satellites des dépôts russes. Ces réserves sont principalement constituées de chars datant de la période soviétique. Ils sont remis en état ou utilisés pour leurs pièces afin de compenser les pertes subies sur le front ukrainien.
Selon les observations, les 624 chars T-64 restants, datant des années 1960, seraient très probablement mis au rebut ou démontés pour en récupérer des pièces. De même, 885 chars T-62, encore plus anciens, figurent sur ses listes. En théorie, ces véhicules seraient également réparés et envoyés au front.
En juin dernier, lors d’un sommet à La Haye, un représentant de haut rang de l’OTAN avait déjà évoqué un total de 2 000 vieux chars de combat côté russe, selon le média « European Pravda ».
Moins de véhicules sur le champ de bataille
Outre la remise en état de modèles anciens, l’industrie russe continue de produire des chars neufs. Diverses estimations font état d’une production annuelle d’environ 200 à 300 chars modernes de type T-90.
Ces derniers mois, des soldats ukrainiens ont rapporté une utilisation rare de chars de combat russes sur les lignes de front. Les bilans quotidiens des chars russes détruits ou gravement endommagés au combat se sont également considérablement réduits, parfois à un seul char par jour, voire aucun.
Il y a quelques jours, une unité de la 93e brigade mécanisée a signalé une attaque d’envergure, inhabituelle, impliquant des chars et des véhicules de combat d’infanterie en direction de la localité de Kostantyniwka. Cinq chars et 13 blindés auraient été neutralisés par des drones ukrainiens.
La Russie continue d’employer des chars
Malgré la forte diminution du nombre de vieux chars de combat due aux pertes élevées en Ukraine, il est peu probable que les forces armées russes soient totalement dépourvues de ces engins. Les nouvelles productions, les efforts de remise en état continus et leur déploiement en Ukraine témoignent d’une volonté de maintenir une capacité blindée.
Il est également difficile de connaître le nombre exact de véhicules encore stockés dans des camps non répertoriés, inaccessibles à l’analyse par imagerie satellite.
En Occident, on estime que la Russie pourrait constituer des réserves en vue d’une potentielle offensive contre un État membre de l’OTAN. Les forces armées du Kremlin disposeraient encore d’un nombre suffisant de chars de combat pour représenter une menace sérieuse.
Les listes mentionnées précédemment ne prennent pas en compte d’autres types de véhicules blindés, tels que les véhicules de transport de troupes ou les véhicules de reconnaissance. L’analyste « Jompy » évalue le nombre de véhicules de combat d’infanterie (VCI) restants à 2 792, dont 1 525 seraient en très mauvais état. Le nombre de transporteurs de troupes blindés (APC) est estimé à 5 038, avec 702 en condition médiocre.