Publié le 21 février 2026 13:23:00. L’Ukraine et l’Europe se retrouvent fragilisées par une possible volte-face américaine, alors que Donald Trump est accusé de privilégier les intérêts de Moscou et de Pékin. Un chroniqueur du Guardian dénonce une trahison profonde, s’inscrivant dans une longue série de désengagements américains.
- Donald Trump est accusé de trahir l’Ukraine en privilégiant les intérêts de la Russie et de la Chine.
- Un chroniqueur du Guardian estime que l’administration Trump affiche une affinité idéologique avec des régimes autoritaires comme ceux de Vladimir Poutine et Xi Jinping.
- Les États-Unis sont perçus comme un partenaire de moins en moins fiable par les Européens, ce qui renforce l’influence chinoise.
L’Ukraine et l’Europe pourraient être confrontées à un affaiblissement majeur de leur soutien américain si Donald Trump revenait au pouvoir. Selon Simon Tisdall, chroniqueur international au Guardian, l’actuelle administration américaine est coupable d’une « trahison » envers Kiev et le continent européen, une attitude qui s’inscrit dans une tendance plus large de désengagement et de remise en question des valeurs démocratiques occidentales.
Tisdall dénonce une « soumission dégoûtante » à Vladimir Poutine, qualifié de « criminel de guerre et de meurtrier de masse ». Il critique également les tentatives de l’administration Trump de forcer l’Ukraine à faire des concessions, ainsi que ses manœuvres pour « monétiser » le conflit et tirer profit des souffrances du peuple ukrainien.
Au-delà de ces actions spécifiques, le chroniqueur souligne une convergence idéologique entre Trump, Poutine et Xi Jinping. Tous trois, selon lui, partagent un désir de revenir au passé, de restaurer une forme de grandeur nationale basée sur des valeurs ultranationalistes, protectionnistes et conservatrices.
« La plupart des Européens considèrent désormais leur principal partenaire comme peu fiable, voire comme un ennemi. L’influence et le leadership des États-Unis dans le monde s’estompent rapidement, pour le plus grand plaisir de l’énorme supériorité de la Chine. Partout, les autocrates se réjouissent, tout comme les partis d’extrême droite européens. »
Simon Tisdall, chroniqueur international au Guardian
Tisdall rappelle que cette attitude n’est pas nouvelle de la part des États-Unis. Il évoque la pression exercée par Bill Clinton sur l’Ukraine nouvellement indépendante pour qu’elle renonce à son arsenal nucléaire, les garanties de sécurité qui se sont avérées illusoires, l’annexion de la Crimée par la Russie sous Barack Obama, et la prudence excessive de Joe Biden face à l’invasion russe de 2022. Cependant, il estime que la trahison de Trump est particulièrement grave car elle est délibérée et se produit actuellement.
Le chroniqueur accuse Trump de réduire à presque zéro les livraisons d’armes à l’Ukraine, de promouvoir un « processus de paix » favorable aux exigences de Poutine, et de chercher à exploiter les ressources naturelles du pays.
« Chaque aube apporte un autre jour de honte. Les expéditions directes d’armes en provenance des États-Unis ont été réduites à presque zéro. Le ridicule « processus de paix » de Trump se plie aux exigences maximalistes de Poutine. Il cherche toujours à gagner rapidement de l’argent grâce aux ressources minières de l’Ukraine et aux accords d’après-guerre avec la Russie. Il continue d’empoisonner l’admirable président ukrainien Vladimir Zelensky. Dans sa trahison éhontée, Trump n’a pas d’égal à notre époque. »
Simon Tisdall, chroniqueur international au Guardian
Par ailleurs, les derniers pourparlers de paix sont dans l’impasse, selon UNIAN, après que les États-Unis ont proposé un retrait mutuel des troupes du Donbass et la création d’une administration civile commune, une proposition perçue par les Ukrainiens comme une tentative de légitimer les exigences russes.