Le constructeur naval sud-coréen Hanwha Ocean a présenté au président philippin Ferdinand Marcos Jr. une offre de vente de sous-marins KSS-III PN. La proposition inclut également la création d’une base sous-marine locale et des formations avancées pour la marine philippine.
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a rencontré des représentants du géant sud-coréen de la construction navale Hanwha Ocean samedi, en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) qui se tenait à Gyeongju, en Corée du Sud. L’objet principal de cette rencontre, selon le Bureau présidentiel des communications (PCO), était de discuter de l’offre de Hanwha Ocean concernant la fourniture de sous-marins KSS-III PN à la marine philippine.
L’offre de Hanwha Ocean ne se limite pas à la livraison des navires. Elle comprend également un ambitieux plan de développement pour les Philippines, incluant la construction d’une base sous-marine dédiée, l’établissement d’un centre de maintenance, réparation et révision (MRO) sur le sol philippin, ainsi qu’un programme de formation complet. Ce dernier, destiné aux opérateurs, techniciens de maintenance et futurs commandants de sous-marins, s’appuiera sur des simulateurs et des systèmes de pointe, dans le but de renforcer l’autonomie technologique du pays.

Le PCO a précisé que Hanwha Ocean avait détaillé ses projets, mettant en avant les caractéristiques des sous-marins KSS-III PN, notamment leurs systèmes sonar et de combat modernes, ainsi que leurs batteries lithium-ion leur conférant une endurance sous-marine accrue. La proposition inclut également un transfert de technologie et des partenariats avec l’industrie locale, visant à « faire progresser la capacité de défense autonome des Philippines ».
Le modèle KSS-III PN proposé est une version adaptée de la classe de sous-marins KSS-III Batch II de la marine sud-coréenne, affichant un déplacement d’environ 2 800 tonnes. Auparavant, Hanwha Ocean avait déjà soumis à la marine philippine deux modèles pour évaluation : le KSS-III PN et le modèle Ocean 1400 PN.
Les Philippines figurent parmi les rares nations de la région à ne pas encore disposer d’une flotte sous-marine, une lacune que le pays cherche activement à combler dans le cadre de sa stratégie de modernisation de la défense. Cette démarche place Hanwha Ocean en concurrence avec d’autres grands noms de l’industrie de défense mondiale. Parmi ses principaux rivaux, on trouve le français Naval Group avec ses sous-marins de classe Scorpène, l’espagnol Navantia proposant le S-80PN, ainsi qu’une offre conjointe de l’italien Fincantieri et de l’allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS) pour le Type U212 NFS (Near Future Submarine).
Plus tôt cette année, le chef d’état-major des forces armées philippines, le général Romeo Brawner Jr., avait exprimé l’ambition du pays d’acquérir au moins deux sous-marins dans le cadre de son programme de modernisation. « C’est un rêve pour nous d’avoir au moins deux sous-marins », avait-il déclaré. « Nous sommes un archipel, nous avons donc besoin de ce type de capacité car il est vraiment difficile de défendre l’ensemble de l’archipel sans sous-marins. »
Dans un contexte de tensions croissantes en mer de Chine méridionale, le gouvernement philippin s’est engagé à investir environ 2 000 milliards de livres sterling (environ 35 milliards de dollars) au cours de la prochaine décennie afin de renforcer ses capacités militaires.
Découvrez notre entretien avec Hanwha Ocean sur le KSS-III PN lors de l’ADAS 2024 :